Un destin Pierre FERRUA
 
     
 
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Les textes sont placés dans l'ordre chronologique inverse de leur parution. Le dernier en date apparaissant le premier
 
  - L'homme et son caillou
- Poussière de pierre
- Poussière d'éternité
- La prison du temps
- Le tombeau des jours
- Haïkus
- Au delà de ma fenêtre
- La ballade du pendu

- Monde où vas-tu
- In mémoriam
- Des morts avoir aimés
- Soleil d'hiver
- Eternel recommencement
- Illusoirs voyages
- Prière
- Haïkus

- Un homme de la pierre
- Ballade de l'immigré
- Liberté d'aimer
- L'infini des jours
- Dans les pins du jardin
- Haïkus
- Branches mortes
 
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  20 Janvier 2009
 
L'homme et son caillou
 
 

Dans le monde des bâtisseurs
De tous temps la taille de pierre
Fut la plus noble corporation

Dans le nom qu'il s'attribue
De toutes les corporations
Le compagnon tailleur de pierre
Est seul avec le charpentier
Au titre de noblesse
A pouvoir user de la particule

Ce nom privilège suprême
A précédant la particule
Une vertu comme qualité
Et le lieu de naissance
Comme patronyme
Ainsi
la Fidélité de Nantes
La Sagesse de D'Avignon
La Persévérance de Bordeaux
La Prudence de Marseille

Ce privilège remonte au Roi Salomon
Du temple somptueux qu'il fit édifier
Dont se prévalent les compagnons
En premier les tailleurs de pierre

Pourquoi ce privilège
Et pourquoi dans les cortèges
Et assemblées
Les Compagnons tailleurs de pierre
Sont les premiers

Les charpentiers suivent
S'ils s'honorent de la science du trait
Connaissance très savante
Nécessaire pour la charpente
S'ils savent eux aussi
Faire preuve de précision
Manuellement et d'esprit être adroits
Ils ne travaillent que le bois

Les autres corporations
Menuisiers chaudronniers
Serruriers ferronniers
Ebénistes et autres compagnons
Ne sont certes pas moins méritoires
Le dessin aussi ils connaissent
Ils font preuve d'autant d'adresse
Mais comme les charpentiers
Ne travaillent que le bois
Ou autre matériau périssable

Exception néanmoins
Pour le forgeron
Qui se mesurant avec la matière
Avec science force et adresse
Bat et transforme le fer
Dur comme fer ne dit-on pas

Mais aussi dur soit le fer
S'il n'est protégé par l'homme
Il n'en demeure pas moins éphémère
Le temps le ronge et le détruit
Alors que la pierre pour défier les siècles
Si bien choisie par le carrier
De bonne qualité elle est
Pour sa vie prolonger
Des millénaires durant
Une carapace lui donne le temps

Le privilège du tailleur de pierre
Réside dans ce noble matériau
Qu'il lui est donné de façonner
Dans son origine et sa nature
Dans son rôle de témoin du temps
Et ce qui le distingue d'autant plus
Dans la manière de le travailler

Son origine remonte à des millénaires
Et depuis l'âge de pierre
Où l'homme apprit à le maîtriser
C'est par lui qu'est parvenue
L'histoire des civilisations perdues

La pierre défie les siècles
Des menhirs à nos palais
En passant par temples Grecs
Edifices Romains cathédrales
Et ouvrages de tous les temps
Elle est omniprésente et reine
Elle a honoré les Dieux
Immortalisé la gloire des héros
Perpétué le souvenir des disparus
Elle est et demeure
Image présente des temps passés

La noblesse du tailleur de pierre
Si cette pérennité la lui confère
Elle ne le fait qu'en partie
Ce titre étant autant le fruit
De la maîtrise qu'il a du matériau

Si le tailleur de pierre d'aujourd'hui
Doit céder une part de son mérite
De sa science et de sa passion
Au progrès et à la technique
Pour celui qui de ses mains
Taille la roche la façonne avec amour
Et  en fait de la belle ouvrage
Il n'en demeure pas moins
Qu'il n'a en face de lui qu'un caillou
Noble matière s'il en est
Avec lequel il ne fait qu'un
Et par le savoir de la science du trait
L'expérience l'intelligence du geste
La force l'adresse et la précision
Une forme définitive il lui donnera
Pour qu'en haut du clocher
Sur cintre ou sur tout autre chantier
Il prendra sa place avec précision
Sans au préalable l'avoir pu ajusté
Aux pierres avec lesquelles
Sur l'édifice il sera assemblé

Avec les autres corporations
Toute la différence est là
Eux partent de différentes pièces
Qu'auparavant en atelier
Ils peuvent assembler et ajuster
Pour n'avoir sur le chantier
Plus qu'à poser
L'erreur ayant pu
Avant pose être réparée
Ils n'ont crainte qu'une erreur de trait
Ou un façonnage imparfait
Fasse l'ouvrage refusé 

Expliquons plus encore ce privilège
Image de l'union homme et matière
Il faut préciser que la pierre à tailler
Cent kilos ou des tonnes peut peser
Aussi grande et aussi grosse soit-elle
Avec familiarité on la dit son caillou
Cela n'enlève rien à sa noblesse
Tout au contraire c'est d'égal à égal
Qu'on la respecte et la considère
On la nomme ainsi par affinité
Le caillou le tailleur fait sien
Il n'est qu'à lui seul
Nul autre ne saurait se l'accaparer
Le tailleur de pierre montrant par là
Le lien qui l'unit à sa pierre
Et bonheur et passion qu'il a
D'avec elle pouvoir se mesurer
Usant avec soin de l'outil
Joint à l'habilité de son esprit
Pour faire de son caillou
L'œuvre la plus belle à envier.

 
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  14 Janvier 2009
Poussière de pierre
 
 

Dans ma jeunesse j'eus la chance
De tailler la pierre de compagnie
Avec un ancien du métier
De plusieurs décennies mon aîné

Il avait le savoir-faire
La science et la pratique
Que donnent les mains et l'intelligence
Quand de concert avec passion
Elles font de la matière une maîtresse
Avec laquelle on joue
Pour en faire œuvre bien faite

En habileté et savoir-faire il était maître
Et  sans peine surpassait
Les tailleurs de pierre de la contrée


De mon esprit et de mes mains
Alliant les deux j'étais assez habile
Aussi par émulation sans inimitié
Sur la rapidité et la finition du caillou
Nous rivalisions

Homme sage il reconnut mon savoir
Le respect et l'amitié éprouvés
Firent que passion et fierté
Sans pour cela nous jalouser
Nous animèrent pour nous comparer

À l'époque dans la roche mi-dure
Tirée de la carrière voisine
Les techniques nouvelles de taille
Survenues dans la pierre dure
Sur laquelle j'avais exercé
N'étaient ici pas employées

Comme tous les autres tailleurs
L'ancien avait gardé ses habitudes
Il travaillait entièrement de ses mains
Maniant tranchant massette et ciseau
Avec agilité sûreté et rapidité

Dans mon savoir j'avais la pratique
Des nouveaux outils inventés
Qui tout en soulageant la peine
Rendaient la main plus rapide
Dans le façonnage du caillou

L'ancien très habile n'en avait besoin
Pour les autres compagnons
Il n'en était pas de même
Ces nouvelles techniques
Amélioreraient à coup sûr
Leur rapidité en soulageant leur peine

Sur mon initiative les nouveaux outils
Firent leur entrée sur le chantier
Mais alors que la taille à la main
Coupait par éclat et peu de poussière
Les techniques nouvelles ne taillant pas
Mais coupant en usant la pierre
Dégageaient moult et fine poussière
Dont par un masque sur la figure
Accoutré il fallait se protéger

D'accoutrement et de poussière
Dont le nuage envahissait l'atelier
L'ancien ne voulut point et tint bon
Hors de cette poussière
Qu'il disait l'étouffer et l'aveugler
Entravant par là son ouvrage
Un coin à part il fallut lui réserver

Comme je le comprenais
Il avait raison l'ancien
De la machine ignorer l'intrusion
Être seul face à son caillou
Et vouloir de ses mains tailler
Corps à corps sans intrus
La main et l'esprit
Animant sans intermédiaire
Le va-et-vient coupant de l'outil
Précieux et soigné serviteur

De la coupe du tranchant et du ciseau
Préservant la grandeur du matériau
Peu de poussière morte
Les éclats jaillissant vaincus
Demeuraient pierre avec noblesse

Il avait raison l'ancien
Sa passion ne pas vouloir partager
Avec une machine sans âme
Dont il serait l'obligé

Osmose de l'homme et son caillou
Maîtresse qui aurait mal accepté
Que de poussière de pierre.
Elle soit souillée

Des années durant il en fut ainsi
Malgré les progrès de la technique
Ignorant les rébarbatives machines
Il ne dérogea point de son habitude
Et jusqu'à sa huitième décennie
Donna avec vigueur et sans faiblir
Ses coups de tranchant et de massette
Protégeant dans une saine atmosphère
Raison de vivre passion et maîtresse
Des souillures de la poussière

Si de regrets je devais être amer
C'est de ce temps
Où le profit ne comptait guère
Où l'outil compagnon attaché
Se laissait par la main et l'esprit
Guider pour bien façonner
Donnant au caillou la forme
Que par la science du geste
Du savoir acquis par l'expérience
Et de la passion du créateur
Le tailleur de pierre lui imprimait

Dans l'accomplissement de l'oeuvre
L'outil était le lien apportant
Intimité entre homme et matière
Authentique et inestimable valeur
Dont émotion pouvait naître
Sans que ne vienne l'émousser
Moult poussière de pierre

 
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  14 janvier 2009
Poussière d'éternité
 
 

Dans un précédent poème j'ai parlé
D'un être de forte personnalité
Qui après nous avoir laissé
L'image de la force d'exister
Ce monde a quitté.

Qui n'a retenu de lui
Outre l'infatigable activité
Dans sa profession exercée
Des soucis d'affaire étant délivré
Le soin et l'opiniâtreté qu'il apportait
À entretenir fertilité et abondance
Dans l'arpent de terre
Que déterminé il cultivait

Au cours de mes promenades
Mes pas me portaient souvent
Sur le chemin qui longe sa terre
Je marquais toujours une courte halte
Pour admirer ordonnance et prospérité
Que respirait le luxuriant potager

Un respect mutuel
Et une discrète amitié nous liait
Bien souvent le trouvant là
Appréciant son humeur et jovialité
Je le hélais et non sans plaisir
Nous bavardions
Du temps qu'il faisait ou allait faire
Du manque ou du trop de pluie
De nos souvenirs communs
Des choses de la vie
De tout et de rien

Nos âges étant voisins
Tous deux sur le chemin qui mène au déclin
J'admirais non sans une certaine envie
Ses capacités physiques et son énergie


Aujourd'hui alors qu'il n'est plus
Mes pas me portent toujours
Sur le chemin qui longe cette terre

Si ordonnée des années durant
C'est avec une infinie tristesse
Qu'à présent elle offre aux yeux
L'affligeant spectacle de l'abandon

Herbes et ronces l'envahissent
Étouffant chaque jour davantage
Ce qui fut un exemplaire jardin
Amoureusement entretenu

L'abri soigneusement aménagé
Dépérit chaque jour un peu plus
Tôles et planches jonchent le sol
Chahutées par le mistral
EIles sont éparses dans la terre

Est-ce là tout ce qu'il nous restera
Du souvenir de cet homme courageux

Hélas il n'est guère de notre époque
D'aimer l'effort sans spectacle
De donner le meilleur de soi
Pour être et devenir dans l'intimité
Avec pour seul profit
D'être un avec la terre nourricière
Un avec ce que  la nature nous donne
Nous contenter après les avoir semé
De voir plantes poindre et grandir
De les veiller et avec soin les entretenir
Plaisir et saine satisfaction en éprouver
Pour au gré des jours et des saisons
En récompense distribuer les fruits


Si le potager d'abandon se meurt
Il n'en reste pas moins pour la mémoire
Même si simple poussière d'éternité
Une riche leçon à enseigner

Nous autres les anciens
Qui avons connu le temps
Où seul moyen de faire son chemin
L'effort n'était pas peine
Plutôt source de satisfaction
Et même de joie et bonheur
Éprouvons une certaine tristesse
Et souffrons qu'aujourd'hui
Par technique et facilité
Il soit trop souvent monnayé
Et source de profit immérité


Qui que nous soyons
Que nous fassions et pensions
Le progrès nous devons accepter
Mais avons devoir d'enseigner
Que l'effort pour l'exploit
Pour aller plus vite plus loin
Pour briller aux yeux des autres
Mais qui ne mène à rien
Est à proscrire au profit de celui
Qui rend enviable l'homme bon
Le fait courageux et méritant
En ce qu'il aime faire de sa vie
Avec discrétion et persévérance
Sans se soucier des performances
Même si simple poussière d'éternité
Une œuvre digne d'amour et de respect


Si le jardin se meurt
Le souvenir laissé par son auteur
Bien que poussière d'éternité
Ne périra point dans notre mémoire
Il est à souhaiter que pour l'avenir
De tels exemples fassent réfléchir

De l'effort pour la démesure
Revenons à celui par lequel
L'homme devient et demeure bon
Pour cultiver en nous et autour de nous
Ce dont la nature nous fait don

 
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  16 décembre 2008
La prison du temps
 
 

Filtrant des barreaux des jours
La lumière vient éclairer
La prison d'exister

Bien que l'enfant divin
Ait prétendu nous en délivrer
Sur cette terre elle demeure
Et seul le crépuscule des jours
Les murs en fait tomber

Quoi que nous fassions
Quoi que l'on nous fasse
De tous cotés
Ses murs nous entourent

Jours fastes
Le bonheur nous fait oublier
Jours néfastes
Là ces barreaux nous pèsent

Les limites de notre humanité
Nous ne pouvons dépasser

Qui n'a rêvé
D'en franchir les murs
Pour s'en évader

Au fil du temps
De l'aube au crépuscule
Ils se resserrent
Seule la clarté des barreaux filtrant
Est notre lumière

Pour l'enfant
L'insouciance estompe

Pour l'adulte
La vigueur la force de l'âge
Le privilège de créer et devenir
Peuvent faire oublier

Pour le vieillard
Celui qui n'est plus rien
Sur la souffrance qu'il éprouve
L'étau se referme

À travers les barreaux des jours
Pour le gavé d'avoir
Le manquant d'amour
La lumière filtrant
Qui peut paraître paradis
N'en est pas moins instable
La noirceur des nuits
Qui parfois contentement donne
Peut être enfer au moins purgatoire

Prisonniers du temps
Nous sommes et resterons

Il est ainsi fait
Même le plus fortuné
Ne franchira jamais
Les barreaux de ses capacités

Pour aller au plus loin
Dans ce qui lui est accordé d'être
Avec bonheur et foi pour compagnon
Chacun pourra se perfectionner

Malgré le soin qu'il y apportera
Aussi loin qu'il aille sur ce chemin
A l'imparfait toujours il se heurtera

Si les murs de sa prison
Le fortuné peut pousser
Plus grande est sa propriété
Plus mal il sait la maîtriser

Argent comptant à l'appui
Nul ne peut soudoyer
Pour en écarter les barreaux
La fatalité du temps qui passe

Seul celui qui est riche en esprit
Pour le devenir encore plus
Poursuit son chemin
Et pour qui l'avoir n'est rien
Qui fait son contentement
De n'être pas plus qu'il n'est
N'a cure des murs de cette prison

De l'usage qu'il fait de sa liberté
Proche parent ou lointain voisin
Qu'importe ce qu'ils peuvent penser

Connaissance et sagesse acquise
Font que ses pas il peut diriger
Sans avoir à se justifier
Indifférent à la pensée d'autrui
Elle n'est pas obstacle sur son chemin

De compassion
Il n'est pas moins capable
Il sait toujours donner ou partager
A tous les combats des justes
Présent Il répond

La conscience de sa liberté intérieure
Ouvre un espace infini
Où le bonheur de vivre est permis

La prison du temps lui importe peu
Chaque jour nouveau il amasse
Ample provision pour devenir
Eloignant ainsi de son esprit
Toute limite à son amour de la vie

La lumière des barreaux des jours
Eclaire ses pas à sa suffisance
L'obscurité des nuits
Est son réconfortant repos


D'aucuns déploreront la mélancolie
Ou la tristesse de ce poème
Mais solitude et poète ne sont qu'un
De plus aucun ne peut prétendre
Etre l'égal de son voisin
Dans le sentiment et la sensibilité
L'égalité ne peut exister
Chacun selon son cœur et son âme
Exprime ce qui est pour lui réalité
Que l'on pense noir ou blanc
L'essentiel étant malgré les déboires
De jouir à sa façon des bons moments
Les mauvais accepter
De faire son viatique de ses capacités
D'aimer la vie et joie y trouver
D'avoir conscience de sa liberté

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  3 Décembre 2008
Le tombeau des jours
 
 

Ensevelis dans le tombeau des jours
Sont les enseignements du passé
Jours défunts gisants derrière nous
Ils sont gravés dans notre mémoire

Mémoire
Peuplée des riches souvenirs
Du bonheur qui nous a habité
D'avoir créé d'avoir fait d'avoir été
D'avoir aimé et l’avoir été en retour
D'avoir construit le présent

Les défunts jours ainsi passés
De lumière emplissent notre chemin
Nous donnent confiance et entrain
Et nous font revivre avec joie
Ces jours qui ne sont plus
Mais nous ont tant apporté

Mémoire
Peuplée des pesants souvenirs
De l'imparfait des jours des peurs
Des souffrances frustrations
Inhibitions manques et déceptions
De nos répulsions et de nos haines

Dont le poids s'il y a regret
Blanchit nos nuits noircit nos jours
Et nous fait courber l'échine
Frustré de ne pas avoir été
Ce que nous aurions voulu être
Lésé de ne pas avoir eu
Ce que nous aurions voulu avoir

Tous ces jours trépassés
Jours de joie ou de tristesse
Défunts du temps qui passe
Pour mieux construire l'avenir
Sans regret ni amertume
Il est raison de se les rappeler
De les garder vivants en mémoire
D'en faire notre viatique
Guide et lumière de nos pas

Riches en enseignement
Conservons-en l'héritage
Ne les laissons pas sombrer
Par le trépas du temps
Dans l'oubli et le néant
Du tombeau des jours

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  3 décembre 2008
Haïkus
 
  Avenir
La lumière vient l'ombre s'en va
Eveil
 
  Persiennes le jour s’y glisse
Trop courte
La nuit
 
  Moite chaleur de la nuit
Draps froissés
Le jour se lève
 
  Pensées sans Maître
Douceur plénitude
Bonheur
  Miaulements suppliants
Sur la porte ses griffes crissent
Repas de chat
  L'un après l’autre
Inlassablement elle compte
La pendule
  Eclosent les fleurs
J’y mettrai tout mon cœur
Prière
  Neige fraîche
Fines traces zig zag
L'oiseau

 

  Reflets d’argent
Azur et paysages s’y regardent
Flaque
 
  Renouveau douceur
Verts et tendres bourgeons
Printemps
 
  Fraîcheur des ombres
Place aux moissonneurs
Eté
 
  Plaisir des yeux
Couleurs vives fraîcheur
Automne
 
  Pâle soleil ou ciel de plomb
Bise glacée givre odeur de neige
Hiver
 
  Brume matinale
Panier serpe en main
Le vin sera bon
 
  Coup de pied
Multitude en tous sens égarées
Fourmis
 
  Herbes folles fleurs en fête
Senteur champêtre et liberté
Plaisirs d’enfant
 
  Ailes de soie
Légère légère voletant
Libellule
 
  Habit de soie jaune tissé de noir
De fleur en fleur Voltigeant
Papillon
 
  Clic clac des mâchoires d'acier
Cri de douleur dans la nuit
Festin pour demain
 
  Accent grave à l’endroit à l’envers
Sur le sillon va
L’oiseau noir
 
  Branche sans ombre
En boule transi le moineau
Morte saison
 
  Arbres dévêtus
Gigantesques bras décharnés
Morte saison
 
  Longs rubans déchirés
Vent froid, sombres ils défilent
Nuages
 
  Nez transi
Oreilles pincées, figure écarlate
Morsures de brise
 
  Chant des oiseaux
Douce lumière du matin
Eveil
 
  Sable fin
Flux et reflux caresse
Mes pieds nus
 
  Couleurs
Verts piqués de rouge
Coquelico
t
 
  Invincible caresse
Arbres cimes courbées
Le vent
 
  Bleu blanc noir rouge
Joie paix tristesse passion
Les mots
 
  Yeux mi-clos
Pelote noire Tachée de blanc
Mon chat
 
  Les branches frémissent
Les feuilles jaunies frissonnent
Brise d'automne
 
  Silence du matin
Bordé de verdure un chemin
Heureuse solitude
 
  Les boiseries gémissent
Les volets claquent
Le vent
 
  Hurlements les bêtes se terrent
Les cimes courbent l'échine
Vent rageur
 
  Neige vierge
Traces de sabots
Plaisir d'enfant
 
  Austère horizon arbres rabougris
Herbes sèches roches déchiquetées
Le causse
 
  Nuages tourmentés
Sculptures imaginées
Esprit en liberté
 
  Pierres et feuilles luisent
Senteurs de terre
Il a plu
 
  Au crépuscule
Ballet de lucioles
Feux follets
 
  Porte ouverte
Qui s'en va
Le temps
 
  Ramure dénudée
Nuages sombres effilochés
Vent glac
é
 
  Bagarre de matous
Il a perdu un œil pas son ventre
Mon chat
 
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  2 Novembre 2008
Au delà de ma fenêtre
 
 

Enfant, que n'ai-je pas rêvé de merveilleux voyages, m'en aller au-delà de la fenêtre étroite du quotidien. Bercé par la lecture de livres d'aventures qui me transportaient dans les lointains pays de mes héros, êtres humains, animaux, paysages. Tout était si différent de l'horizon offert par ce bourg paysan et minier perdu dans son coin de province.

Je rêvais d'ouvrir cette fenêtre pour voir mes héros et vivre leurs aventures fascinantes. Dévorer des livres était le seul moyen de m’évader et de partir à la découverte de ces pays lointains.

Aussi lorsque lorsqu'à l'âge de quitter l'école, j’avais alors treize ans, mon père me demanda quel métier je voulais faire, je n'en avais qu'un  en-tête et lui répondis sans hésiter :
« Cuisinier !
 - Pourquoi cuisinier, me demanda-t-il ?
 - Pour voyager !» Lui répondis-je.
 Dieu sait que je n'avais pas une bien grande idée du métier lui-même. Ma motivation était tout autre ! Les trois fils de nos voisins étaient cuisiniers. Ils avaient hérité ça de leur oncle. Cuisinier avant eux, il avait beaucoup voyagé, de saison en saison, de croisière en croisière, l'été dans les stations balnéaires, l'hiver dans les stations de sport d'hiver et entre-deux, de belles croisières sur toutes les mers du monde. Il avait finalement jeté l'ancre en Angleterre à Londres dans un grand restaurant, s'était marié avec une Anglaise, avait eu des enfants. Devenus anglais, lui et sa famille venaient de temps à autre passer des vacances au bourg où, toujours bien mis, venus d'un pays étranger au-delà de la mer, ils n'étaient pas sans se faire remarquer.

Les neveux avaient pris modèle sur l'oncle et voyageaient eux aussi. Ils semblaient plutôt satisfaits de leur travail et de leur gain. Les quelques jours de vacances qu'ils venaient passer au bourg, toujours vêtus à la dernière mode, étaient pour eux l'occasion de parler, non sans se donner une certaine importance, de leurs séjours de saisons en saisons, de croisière en croisière, et des pays qu'ils avaient découverts.

C'était la vraie raison de ma vocation de cuisinier, voyager, toujours voyager, gîte et couvert assurés. M'évader enfin d'une vie de peu d'intérêt à mon gré. Faire la cuisine en était condition secondaire

 

Le sort ne répondit pas à mon attente.
Le métier de tailleur de pierre puis de mineur
Au bourg natal me firent demeurer.

Le service militaire me fit enfin voyager
Au Maroc pour le faire je m'en suis allé
Où dans bien des villes j'ai pu séjourner.

Au retour, compagnon tailleur de pierre,
Ce métier, la France entière me fit sillonner.
De ville en ville pour mon travail je suis allé  

Répondant à mes désirs de voyages d'enfant
Dans bien des pays du monde j'ai voyagé
Découvrant civilisations présentes et passées.

Aujourd'hui ayant posé mon balluchon,
Me retournant sur le chemin parcouru,
Oubliant le jeune garçon qui pour voyager
Comme l'Anglais voulait être cuisinier,
Après ces voyages lointains, je découvre,
Connaissance et sagesse des ans aidant,
Que tout au long de la route qui fut mienne
Sur celle d'aujourd'hui et celle à venir,
Pour qui sait voir, sentir, aimer et découvrir,
Qu'il est d'innombrables autres voyages
Humbles et insignifiants en apparence,
Mais riches de connaissance, de savoir
De joie de bonheur et de découverte

S'en aller voyager dans de lointains pays
Rien n'est plus banal aujourd'hui.
Pourquoi s'en aller chercher l'impossible ?
Le quotidien si morne est-il qu'il faille le fuir ?
Sous prétexte d'enrichir la connaissance
N'importe où faut-il s'en aller à tout prix ?

Loin derrière nous sont les aventuriers
Qui parcouraient des mondes inconnus
Mieux les connaître justifiait leur quête
N'ont-ils pas rapporté pour nous instruire
Les fruits de leurs découvertes et aventures
Ne sont-ils pas suffisants pour répondre
A notre soif de connaître ces lointains pays
Laquelle si elle nous conduit en d'autres lieux
À voyager peut nous faire ne pas voir
Et nous sembler futiles et dérisoires
Nos innombrables voyages quotidiens
Qui biens vécus font une heureuse existence.


 

Au-delà de ma fenêtre, là tout près, à chaque instant, sans franchir les frontières de mon horizon, il y a encore tant et tant de voyages présents et à venir.

Au-delà de ma fenêtre, ici, tout à côté, dans mon jardin, les fleurs, les arbres m'accompagnent de leur parfum, de leurs agréables senteurs. Chaque jour, chaque saison, sont des voyages différents. Un jour les fleurs sont éclatantes de couleurs : couleurs vives, couleurs pastel, image de la joie et du plaisir. Un autre jour elles disparaissent sous l'austère habit de l'hiver. Les arbres eux aussi changent, au printemps ils se réveillent, vert tendre des bourgeons qui éclatent, en été ils se parent de leur plus beau feuillage et pour notre bonheur ils ploient sous le poids des fruits. En hiver ils sont dénudés et dressent la beauté incomparable de leur fière ramure dénudée.

Après la pluie, l'azur paré d'un magnifique arc-en-ciel, il fait bon s'y promener sous la lumière éclatante du soleil revenu. Sous ses rayons la verdure est propre et luisante, la chaleur monte du sol en dégageant une forte odeur de terre. Le jardin est tout neuf, parfaitement propre, la verdure reluisante. Il poursuit sa route et, au gré des saisons, m'accompagne chaque jour dans un nouveau voyage.

Au-delà de ma fenêtre, à quelques pas, en contrebas de mon jardin est un petit chemin creux qui paresseusement s'en va dans le calme de la pleine campagne. Au Nord, adossé aux terrains qui le surplombent, il est protégé du mistral. Au sud, en contrebas, au-delà de la butte de terre sur laquelle il paresse, s'étendent des terres souvent incultes et la vue s'en va bien loin vers les collines au pied desquelles coule une rivière. Elle laisse percevoir par les trouées d'arbres son eau claire et brillante.

De chaque côté du chemin, des chênes séculaires font se rejoindre leurs ramures et forment un ciel d'arbre ; l'été, l'épais feuillage protège des rayons brûlants du soleil et prodigue une fraîcheur bienfaisante, l'hiver l'entrelacs des branches et des brindilles laisse entrevoir le ciel et donne passage aux rayons de soleil. Ce chemin, j'en connais les moindres détours, les moindres détails pour l'avoir parcouru tant de fois. À la moindre occasion je m'y promène encore volontiers. Chaque fois, c'est un voyage différent. Selon le temps et les saisons, selon mes humeurs, il change de visage. S'il pouvait parler, il m'en dirait des choses. Depuis tant d'années que je le sillonne, il doit bien me connaître. Au début, je le parcourais au pas de course ou au galop de mon cheval. Je m'enivrais alors de cette solitude et de cette forte sensation de liberté qui me fouettait le visage. J'en ignorais les détails, je m'y déplaçais rapidement dans un nuage de plaisir loin, très loin du quotidien. Avec le temps j'ai ralenti l'allure et c'est à pas mesurés que je le parcours à présent. Le plaisir n'en est pas moindre, tout au contraire. Avec le temps il a pourtant beaucoup changé lui aussi et ce changement fait que je m'attache aux moindres détails et, non sans quelque nostalgie, c'est pour moi l'occasion de voyages dans le passé. La terre du "Gabriel", blottie entre le chemin et les terrains qui le surplombent, était garnie d'abricotiers et de cerisiers qui fleuraient si bon au printemps et resplendissaient sous leurs parures de fleurs. J'aimais quitter le chemin et passer sous ces arbres profiter de leur compagnie. Depuis bien des années, "Gabriel" n'est plus. Petit à petit, faute de soin, les beaux arbres ont dépéri. Ils en sont morts. Aujourd'hui, la terre a été achetée par un couple de la ville. Ils l'ont soigneusement clôturée d'un grillage plastifié de couleur verte, flambant neuf, soutenu par des piquets de fer, et d'un portail métallique solidement fixé à deux piliers de béton. Un chalet en bois y a été construit et la terre est partagée en plusieurs lots par des grillages où s'ébattent chiens et basse-cour. Ensemble inattendu et loin de l'esprit de liberté et d'authenticité qui régnait en ce lieu.

Un peu plus loin, il y avait la vigne et le mazet du "Capitaine ". Capitaine en retraite, enfant et dignitaire du pays. Il y avait aménagé un accueillant coin ombragé tout à côté de sa vigne, y avait construit un discret et petit mazet en pierres plates du pays, et creusé un puits. Il en avait fait un lieu de travail (l'entretien de la vigne) de détente et de repos et il en tirait son vin pour l'année. Tout à côté, deux chênes immenses et majestueux dispensaient et dispensent toujours un bienfaisant ombrage protégeant de l'ardant soleil d'été. Il y venait régulièrement dans sa belle voiture carrossée à l'ancienne (avec celle du maire et celle du "Jean " ami du capitaine, c'était les seules automobiles du village).Il y amenait sa femme et les amies de celles-ci, trois sœurs. Fait marquant dans le pays que ces trois inséparables sœurs. Quand il y avait tous les maris et les enfants, puis ensuite les petits enfants, cela faisait beaucoup de monde, de voix et de cris. Cette terre était une véritable parcelle de vie soigneusement et amoureusement entretenue. Aujourd'hui, comme pratiquement toutes les terres qui bordent le chemin, elle est abandonnée. Autrefois, territoire privé et soigneusement clôturé d'un mur de pierre, aujourd'hui la barrière d'entrée a disparu, c'est une terre ouverte à tous. Un chemin piétonnier la traverse, le mazet toujours debout n'a conservé que sa charpente et les voliges qui supportaient les tuiles. Celles-ci ont disparu elles aussi. Couvrant le sol, demeurant à sa place sur la terre battue, une épaisse toile cirée laisse deviner sa couleur jaune et le dessin des losanges qui la décorait. Ce mazet est le témoin toujours vivant de l'autorité du "Capitaine ", des jeudis et dimanches après midi animés des cris et des rires des enfants. Avec le temps, le "Capitaine " n'étant plus là pour diriger l'entretien de son cher "domaine ", les herbes ont étouffé la vigne. Seuls demeurent quelques rares ceps noueux et dégarnis qui n'en finissent pas de se dessécher. Des plus tenaces, quelques feuilles de vigne émergent des herbes folles. Au milieu de la terre se dressent les bras de ce qui fut un immense cerisier. Depuis longtemps il n'a plus de feuilles et, au fil des ans, il n'en finit pas de mourir. Sous la rude caresse du vent, ses branches de plus en plus décharnées se penchent chaque jour davantage près du sol. A chacune de mes promenades, lorsque je quitte le chemin creux pour suivre le sentier qui traverse la terre du "Capitaine " mon premier regard se dirige vers lui pour voir s'il est encore debout. Un beau jour, le mistral et la pourriture auront raison de lui et alors la terre sera triste de sa mort. Lui qui en a tant vu passer, donnant sans compter ses baies juteuses, égayait la terre de son imposante stature

Le sentier serpente ensuite au milieu de terres qui semblent agoniser, mais qui, dans leur habit naturel respirant de liberté, conservent une particulière beauté: Vignes envahies par la broussaille conservant d'épars moignons déformés des ceps épargnés à présent par le sécateur. Oliviers abandonnés, mais toujours debout et vivaces, garnis au pied d'une robe abondante de lauriers thym aux feuilles de couleur vert foncé et luisantes, de laquelle surgit en contraste, troncs et branches tourmentées, formant une forêt de bras difformes recouverts de lichens d'un irréel vert clair blanchi que le plus osé des peintres n'aurait imaginé et qui transforme les oliveraies abandonnées en un monde gesticulant richement décoré.

Parmi cette nature endiablée, au milieu de cette merveilleuse anarchie, une terre amoureusement travaillée fait tache. Étrange contraste, elle est rigoureusement cultivée et entretenue. C'est un homme du Nord, un étranger qui lui a redonné une vie domestiquée. IL est venu s'installer dans le village. Il a acheté une maison, la terre en friche était vendue avec. Ce n'est pas un paysan, mais son travail lui laisse du temps libre, c'est un gros travailleur. Il a défriché la terre, l'a labourée avec un vieux tracteur, et y a planté cerisiers, abricotiers et oliviers. Avec le temps et la patience (des années) les jeunes plants sont devenus de grands arbres parfaitement taillés qui donnent des fruits en abondance. Les paysans du cru n'y croyaient pas et c'est avec un petit sourire narquois qu'ils le regardaient trimer dans cette terre argileuse abandonnée depuis longtemps. À présent, lorsqu'ils passent devant cette parcelle qui fait tache, régulièrement labourée, propre sans un brin d'herbe, et garnie de rangées de magnifiques arbres fruitiers soigneusement taillés, ils se rappellent que la terre aime à être respectée, et que, travaillée avec soin et persévérance, elle rend au centuple au courageux homme du Nord le fruit de ses efforts et de sa persévérance. Ils se remémorent alors, non sans nostalgie, le temps où l'effort n'était pas compté et où pas un seul arpent de terre n'était inculte. Il leur revient à l'esprit le respect et la passion que les anciens pouvaient se permettre de témoigner à cette terre nourricière aujourd'hui délaissée.

Je suis bien loin de mes récits de voyages direz-vous ! Détrompez-vous ! Chaque fois, c'est un merveilleux voyage qu'est ma banale promenade dans ce chemin creux qui me devient si familier, et dont je puis sans cesse me rassasier d'un regard neuf au gré des saisons, partagé que je suis de savoir ce qui est bien : la rigueur, l'ordonnance et le sentiment d'abondance que je ressens en passant devant la terre de l'homme du Nord ou la nature qui retourne progressivement à la liberté. Voyages dans le passé et dans le présent, deux états d'être qui reflètent si bien notre profonde dualité.

Au-delà de ma fenêtre, nombreux sont ainsi les voyages vers lesquels m'embarquent le passé le présent et la pensée du futur. Libre est mon imaginaire d’interpréter pour mon bonheur les découvertes de ces voyages. Voyages sont les choix que nous offre chaque nouvelle journée, voyages sont notre travail, nos occupations quotidiennes, voyage est la méditation qui permet de découvrir l'être que nous sommes, voyage sont les innombrables livres dont la lecture abreuve notre intarissable besoin de savoir et nous emmène, au gré des pages, partager les voyages des autres. Voyages toujours renouvelés que nous réserve la musique. Et tant d'autres voyages qui font partie de notre quotidien.

Au-delà de ma fenêtre, inépuisables sont les voyages qui ne coûtent que le désir de ressentir, de vouloir, de voir, de comprendre, de découvrir et d’aimer.

Au-delà de cette fenêtre qui, si je n'y prends garde et ne sait l'ouvrir, fermerait un horizon dont il serait regrettable que je veuille pour ailleurs m'en échapper, s'étend un espace infini dont une vie ne saurait suffire pour se satisfaire de tous les voyages qu'il met à la portée de tous, du plus humble à celui qui se croît le plus nanti.

 
 
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  18 Octobre 2008
La ballade du pendu
 

Croyant en la justice des hommes
Naïvement il lui fit confiance
Pour en être entendu
Il clama haut et fort son innocence
Les hommes de loi ne l'écoutèrent point
A la plus haute branche
De leur insuffisance
Ils le pendirent


Pour fuir la misère et le manque de pain
Sur le sol de France ils avaient émigrés
Ils étaient venus d'ailleurs pour un meilleur gain

Pour seul bagage le beau le bon  le bien
Armé de courage tous firent leur chemin
Ils s'installèrent et mangèrent à leur faim

Faim des âmes et des coeurs purs
Durs à la tâche et déterminés
Les échelons ils grimpèrent chacun à leur mesure

Le cadet lui, grimpa tout en haut
Avec toujours au coeur le bon le bien le beau

Mais des esprits chagrins aux noirs dessins
Aidé des comptes d'un minable Scapin
Employé de longue date
Prétendu son dévoué serviteur
Et d'argentiers avides de profit
Après un infâme procès le firent condamner

Trahi par les siens et abandonné
Coupable il fut jugé

Mais les Dieux veillaient et en aide lui vinrent
De la corde à laquelle on le suspendit
Il en firent son soutien
Et cordon de sa vie elle devint

Pour mieux narguer ses adversaires
Malgré qu'il fut suspendu ainsi
Il ne mourut point, bien au contraire
Il demeura droit et son honneur défendit

Alors qu'avec confiance et persévérance
De chaque jour il faisait son maintien
Des nuits de souffrance et de douleurs
Qui de leurs flèches acérées harcelaient son cœur
Et son âme ne ménageaient guère
Furent son lot car il ne les dirigeait point

Des années ainsi on le laissa pendu
Jusqu'au jour où malgré qu'on l'eut meurtri
Ne se sentant point Perdu
Il compris que vouloir changer le monde était vain
Et si son honneur aux yeux des autres était bafoué
Pour lui il était sauf
Il n'avait que faire de ce que  put en penser l'autre

Du souvenir de cette corde à laquelle on l'avait pendu
Il ferait le soutien qui jusqu'au dernier jour
Lui permettrait sans défaillir
Ni écouter les sirènes du désespoir
De poursuivre sa quête vers le savoir

L'important étant pour lui de voir chaque jour se lever
Avec bonheur pouvoir le saluer
Et d'en faire ce qu'il avait toujours fait
L'amour de la vie du beau du bon et du bien fait
Et toujours créer pour devenir

 
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  16 Février 2008
Monde où vas-tu
 
 

Monde en folie

Où sont tes valeurs
Où sont tes repères
Apocalypse n'est pas illusion
Elle pointe à l'horizon

Monde en folie
Trois classes se partagent tes biens

Ceux d'en haut
      Ils comptent par milliards
Ceux du milieu
      Ils comptent par millions
Ceux d'en bas
      Ils comptent les centimes
Certains même se nourrissent d'argile

1789
- n'étais-tu pas illusion
As-tu aboli les privilèges
As-tu permis le partage des richesses
As-tu aboli l'esclavage
      De ceux d'en bas
      Esclaves des bourgeois
      De ceux du milieu
      Esclaves des nobles
      De toutes classes confondues
      Esclaves des hommes de Dieu

Tu as certes brisé des chaînes
Clamé liberté égalité fraternité
Brimé l'abus des hommes de Dieu
Réduit l'esclavage de son culte
Mis en place au service des citoyens
Des parlementaires libres et des lois
Donnant par principe
Droit à la parole à chacun
Droit à une justice équitable pour tous


Mais en accordant la liberté
Et en déclarant la guerre à Dieu
Quels repères, quelles valeurs
Quel sens as-tu donné à la vie

Le bouleversement créé était un leurre
Au pouvoir du Roi
A succédé le pouvoir du profit
Aux intrigues de la cour
Ont succédés les intrigues politiciennes
Ta liberté a généré une inégalité odieuse
L'injustice toujours demeure

Tu as généré de nouveaux esclaves
       Esclaves de l'avoir
       Esclaves du paraître
       Esclaves du désir
       Esclaves du pouvoir

      Ceux d'en bas
      Sont esclaves de ceux du milieu
      Ceux du milieu
      Sont esclaves de ceux d'en haut
      Ceux d'en haut
      Sont esclaves du luxe et du pouvoir

Tu tolères le gouffre odieux
Entre smicards et colossales fortunes

Tu as oublié l'essentiel
Avec le changement des institutions
Il fallait changer l'homme

Garde fou de l'ancien pouvoir
Dieu est mort
Et tu n'as su le remplacer


Que deviendront nos enfants

L'étalage de ces richesses imméritées
Dont nous abreuvent télés et médias
Etalant à satiété milliards et millions
Fortunes immorales et imméritées
Mensonges et ambitions démesurées
Sexe dévoyé et meurtres à tout va

Est-ce là pour eux le bon exemple
Pour un retour aux vraies valeurs
Un retour au goût de l'effort
Un retour au respect du sacré
A la pérennité de la famille
Au plaisir sain de la tâche accomplie
A la passion du faire bien
Au respect de la parole donnée
A l'amour de l'autre sans arrière pensée

1789
- il ne pouvait certes en être autrement
Un monde nouveau plus juste devait naître
D'odieux privilèges devaient disparaître
Les richesses devaient être partagées
Droits et devoirs de chacun être respectés
Toute contribution méritait juste salaire
Il devait y régner respect et compassion

Hélas il n'en est rien.
Egalité et fraternité furent des leurres
La liberté si chèrement conquise

Par l'étalage qu'elle permet de la richesse
Enlève à nos enfants le goût de l'effort
La foi en les fruits de la persévérance
Le vrai sens de la vie et l'amour du faire bien

Dieu n'est plus là pour guider leurs pas
Où allons-nous sans guide
Faut-il dire adieu aux lendemains qui chantent
Feront-ils place au cahot

Seul l'homme celui qui a fait 1789
Peut endiguer et orienter le flot tumultueux
Du progrès de la science et des techniques
Pour que l'ensemble du genre humain
En use en respectant la dignité de chacun
Et en partageant équitablement
Les richesses engendrées.

Mais l'homme est-il maître de sa destinée
La mondialisation qui devrait permettre
Une répartition équitable des richesses
Ne sera-t-elle pas au contraire
Source d'une concentration d'un pouvoir
Pouvoir de l'argent
Qui bravant l'impuissance du monde politique
En annihilant en eux l'être au profit de l'avoir
Dominera les peuples à sa guise

Ce pouvoir résultant de la mondialisation
Ne conduira-t-il pas à l'apocalypse redoutée
Comment dire à nos enfants
Ayez confiance l'avenir vous appartient

 
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  16 Février 2008

Hommage posthume à un personnage qui a compté
In Mémoriam
 
 

Sa vie durant il a pu dire
J'ai été - je suis - je serai.
Aujourd'hui il n'est plus.

N'étant comme tous,
Que de passage ici-bas,
Poussière dans l’infini du temps
Son existence fut bien remplie pourtant

Il a toujours beaucoup travaillé.
Jusqu'au dernier jour il n'a cessé

Si l'avoir il a possédé
C'est qu'il a avant tout su exister

Etre et pleinement se révéler,
Aider l'autre et partager
Simplement il l'a fait sans compter

Comme c'est le destin de tous
Il s'en est allé.

L'image que chacun de nous laisse
Est différente suivant la personnalité.
La sienne demeure très présente.
Il a imprimé dans nos esprits
Celle de sa jovialité de son humour
Celle de sa force de vivre et de créer
Celle de sa passion pour la mécanique
Celle de son entreprise, de son jardin
Du don sans compter de sa personne

C'est une image forte qu'il nous laisse.

Image indélébile qui perdurera
Jusqu'au jour où nous aussi
Comme lui nous partirons.


L'atmosphère dans lequel nous vivons
Est emplie de ces poussières d'éternité.
Si pour mieux voir nous fermons les yeux,
C'est tout un monde qui nous entoure.
Nous y retrouvons non sans émotion
Tels qu'ils étaient ceux qui ne sont plus
Leurs yeux fixés sur nous parlent
Notre cœur les retrouve avec joie
Ils réveillent en nous des souvenirs enfouis.

Quand des êtres chers nous quittent,
Physiquement la vie continue sans eux.
Seule demeure en nous la mémoire.
Sans regret, gardons-la vivante et inaltérable.
Ces poussières d'éternité, grandes à nos yeux
Sont sur le chemin de l'écoulement des jours
Sources de retrouvailles et de bonheurs

 
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  19 Juin 2007
Des morts avoir aimés
 
  Enfant d’étrangers fraîchement immigrés
Sur cette terre de France où tu es né
De famille tu n'avais d'autre à aimer
Que frères sœur père et mère

Oncles tantes grands parents et familiers
Tu n'as point connus ils étaient demeurés
Dans ce pays que tes parents avaient quitté.

Tu enviais tes petits camarades
En plus de Frères sœurs père et mère
Avaient oncles tantes grands parents
Cousins ou proches ou familiers
Beaucoup d'êtres chers
A pouvoir aimer et un jour pleurer

Enfant de chœur obligé
Aux enterrements tu devais assister.
Triste sort que le tien
De ne pas avoir de morts à toi
A avoir aimés et pouvoir pleurer

Sur cette terre où pourtant tu est né
Tu te sentais d'autant plus étranger
Que tu n'avais à aimer et un jour pleurer
Ni oncles tantes grands-parents
Cousins ou proches ou familiers
Pour te consoler de cet injuste sort
Tu ne pouvais pleurer que sur des morts
De ton imaginaire seulement convenus

Assis à coté du Curé
Qui psalmodiait les chants du défunt
En pensée inondé de chagrin
Tes larmes tu laissais aller
Sur mère père frères et sœur
Que mort tu te laissais imaginer
Même sur la tienne tu étais affligé


Pour tous les deuils du village
Il en était ainsi

De ces morts imaginaires
Sur lesquels tu pleurais
Du trépas des siens
Du trésor qu’est la vie
Tu as beaucoup pensé
Et l'enfant qui a regretté
De ne pas avoir de mort à lui
Sent que de n'avoir pu aimer plus
A beaucoup manqué pour lui

N'ayant plus l'obligation aujourd’hui
De l'enfant de chœur que tu étais
D'assister aux enterrements
De gens que tu ne connaissais
Et de ne pouvoir pleurer sur rien
Peut-être est-ce pourquoi aujourd'hui
Aux enterrements rarement tu suis .

Ces tristes cérémonies cloches à la volée
Catafalques fumées et odeurs d’encens
Gens de noirs vêtus femmes voilées
Visages fermés larmes refoulées
Penchés sur douleur chagrins et regrets
Atmosphère de deuil et de tristesse
Ces funérailles tant de fois répétées
Auxquels tu as trop souvent assisté
Pour la vie t’ont enseigné


Quand nos morts s'en vont
C’est alors que l'on perçoit
Amour qui bien que présent
Nous n’avons pas donné
Négligé ni semblé ressentir
Nous regrettons, mais il est trop tard
De seulement le découvrir

Ecoutons nos morts
Ils nous rappellent savoir aimer
Avant qu’ils ne s’en soient allés
Pour ne pas conjuguer au passé
Ce qu’au présent et futur
Nous ne pouvons ni pourrons leur donner

Ouvrons tout grand notre cœur
Laissons le parler sachons aimer
Foin de mesquineries d’indifférence
D’intentions fautives qui peuvent le fermer
De cette richesse dont la vie nous fait don
Capacité d’amour pleinement jouissons .

N’ignorons pas ce trésor
Qui en chacun de nous sommeille.
N'attendons pas que par la mort d'un être cher
De regret trop tard il s'éveille
 
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  21 Mai 2007
Soleil d'hiver
 
  La lumière du soleil d'hiver
Est chat qui rentre ses griffes
La caresse de ses rayons
Est douce comme le velours

Ecrasante au solstice d'été
La lumière du soleil l’hiver
Devient même à son zénith
Légère et bienfaisante
Les ombres se font longues
Immenses et douces.

L’été à l'ombre de leur feuillage
Les arbres sous leur vêture
Cachent leur ramure
Sous les rayons du soleil d'hiver
Ils sont nus vivants de lumière
La complicité des ombres
Révèle leur membrure
Sublime architecture

Gonflées de boursouflures
Des platanes les blessures
Par la lumière et les ombres
Deviennent les boucliers
De ces rangées de guerriers
Douloureusement sculptés
Qui imperturbables défilent

Sous la lumière du soleil d'hiver
Où que s’en aille le regard
Tout ce qu'il embrasse
N’est que chaude clarté
Et fraîcheur d’ombres mêlées

Frappés en pleine face
Les murs embrasures encoignures
Sont Jeux d’ombre et de lumière
Ils deviennent spectacle


La lumière du soleil d'hiver
De l’éveil à son zénith et son déclin
Par ce feu bas à l'horizon
Nous regarde bien en face
Entre tout au fond des maisons
Là, où l'été d'elle on se cache,
On accueille sa chaleur bienfaisante
Et, avant que le soir n'arrive
Portes et volets sont fermés
Pour mieux la conserver

Cette lumière du soleil d'hiver
De ses rayons adoucit les frimas

Douce à nos yeux, chaude à nos cœurs
Jouissons du spectacle qu’elle nous offre
Et cueillons précieusement ses rayons
 
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  16 Juin 2007
Eternel recommencement
 
 

Je suis la source
Eau vierge et pure
Aux pieds des sommets
Je prends naissance sur les hauts plateaux

Je suis le ruisseau,
Né des sources,
Mon eau, avec agilité,
Ruisselle entre les pierres.

Je suis le torrent,
Né des ruisseaux
Impétueux et puissant,
A flanc de montagne,
Cascades bondissantes,
Je saute, rebondit,
Glisse sur la roche polie

Je suis la rivière,
Née du torrent,
Mes eaux rapides coulent vers la vallée.
Serpentant à travers la prairie
Paresseusement s’alanguissent
,
Je suis le fleuve,
Né des rivières,
J’étale mes eaux calmes et tranquilles,
Mes berges, en fin de parcours,
Se confondent avec les plages de l’océan.

Je suis la vague,
Née du fleuve,
De mon mariage avec l’océan
Je vais, je viens, retourne
Et me fonds en son sein.

Je suis l’océan,
Un de toutes ses vagues confondues.
Je suis ses calmes et ses colères.

Au rythme de la fuite des jours
De vague que je suis devenue
Naîtrons nuages… neige et pluie.

Éternel recommencement…

De l’océan naissent les nuages
Nuages donnent neige et pluie
Neige et pluie redeviennent  sources.
Sources s’en vont aux ruisseaux
Ruisseaux s’en vont aux rivières
Rivières s’en vont aux fleuves
Fleuves deviennent vagues de l’océan.
Vagues viennent se confondre avec l’océan
Issus de l’océan, nuages qui donnent neige et pluie
Eau qui revient aux sources …

Ainsi va l’existence,
De la naissance à la fin de notre cheminement

Usé sur le chemin des jours
Ayant fait notre temps
Arrêtant notre course folle
Reposant au fond des abîmes de l’océan
Nous laissons place à l’éternel recommencement

 
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  19 Avril 2007
Puy de Sancy - Le Mont Dore - mai 2000
Illusoires voyages
 
 

Azur profond
Cimes enneigées
L’air pur comble ton être

A mi-pente
Vert tendre des herbes folles.
Fleurs, tapis multicolore
Se déroulent vers la vallée
Pour se perdre à l'ombre des arbres
Dont les frondaisons frissonnent
Sous la caresse du printemps

Seule, trouble le silence,
La chanson des eaux claires
Ruisselant entre les pierres. 

Beauté calme
Immensité et majesté
Révèlent en toi le sage
Aussi loin pourrais-tu voyager
Tu ne trouveras pas davantage
Que ce qui en toi a toujours été

De voyage en voyage
De rêve en rêve
Sans trêve tu cherchais
Dans d'illusoires ailleurs
Où trouver le bonheur ?

La sagesse des ans aidant,
Aujourd'hui du  présent
Satisfais ton contentement
Cesse ces futiles voyages
Pose là tes bagages

Loin de toi les chimères
Tes yeux se sont ouverts
Ce que tu poursuivais en vain
Tu l'avais à portée de main

Contemple les beautés
Dont la nature nous a comblés
De paix et de bonheur
Laisse parler ton cœur

 
 

De ces grandeurs et beautés imprégnés,
Baignant dans ce havre de paix et majesté,
Déplore qu’il y ait des êtres chagrins,
Cherchant dans des voyages incertains,
Ce qu’ils ont en eux et ne savent rien,

Dans les voyages de leur déraison
Ils courent après fortune et passion
Toujours plus vite, plus haut et plus loin
Démesurés et dérisoires sont leurs desseins
.

 

 

  Baudelaire n’a-t-il pas raison quant il écrit :
 
 

« Singulière fortune où le but se déplace,
Et, n’étant nulle part, peut être n’importe où !
Où l’homme, dont jamais l’espérance n’est lasse,
Pour trouver le repos court toujours comme un fou. ! »

 
  N’a-t-il pas raison quand encore il dit 
 
 

« Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. Celui-ci voudrait souffrir en face du poêle, et celui-là croit qu’il guérirait à côté de la fenêtre. Il nous semble que nous soyons toujours bien là où nous ne sommes pas, et cette question de déménagement en est une que nous n’avons de cesse de discuter avec nous- même »

Contradictoires sont déraison et espérance mêlées.
Hélas, si nous n’y prenons garde tel sera notre lot :
Trompeuse attente de nos illusoires voyages.

Pourquoi désirer toujours plus,
Vouloir aller toujours plus vite et plus loin,
Repousser sans cesse les limites de la science,
De l'impossible de l'avoir et du dérisoire.
Pourquoi ne pas se satisfaire simplement d'être ?

Les voyages dans la lune et sur Mars
Permettront-ils de mieux nous connaître ?

 
 
 

Les voyages quotidiens vers une plus grande conscience d'être, vers le respect et l'amour du Soi, de l'autre, de la nature, de la vie ne sont-ils pas préférables ?

L'homme est ainsi fait qu'il lui est plus facile d'aller toujours plus loin dans les sciences et les techniques, que d'entrer simplement en lui-même pour y découvrir les richesses qui attendent son bon vouloir.

Paradoxe que les coûteux voyages pour la découverte et la connaissance des autres planètes, soient plus faciles que celui à accomplir pour la recherche et la connaissance du Soi.

 
 
 

Après tes illusoires voyages
Avant le crépuscule
A la lumière des heures passées
Arrête-toi enfin, regarde autour de toi !

Des beautés trop souvent ignorées
Du privilège qu’il t'est donné d'exister
De la richesse de ta liberté intérieure
Comble ton esprit et ton cœur
Dis à ceux qui voyagent sans fin :

 
 
 

 Seul celui qui, sans regret, peut se retourner en regardant le chemin parcouru, se voir et s’accepter tel qu’il a été, qu'il est aujourd’hui et qu'il sera demain, sera heureux s’il donne la primauté aux voyages intérieurs. Incommensurable pourra être la richesse que lui procurera  la connaissance du Soi et de sa liberté d'être.

S'il a la persévérance de poursuivre ce chemin, il aura l’âme en paix, jouira pleinement de sa liberté intérieure, et ne sombrera pas dans les éphémères et illusoires voyages de l’insatisfait 

 
 
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  2 Mai 2007
Prière
 
  Toi qui crois au Dieu des hommes
Si tu perds la foi que deviendras-tu ?
Tu ne pourras plus lui demander d'exaucer tes prières :
  Oh Dieu ! Pardonne-moi !
Oh Dieu ! Sois bon et miséricordieux !
Oh Dieu ! Soulage mes souffrances !
Oh Dieu ! Protège-moi !
Oh Dieu ! Aide-moi !

  Dans le doute, de quels tourments ne souffriras-tu pas ?
Tu ne pourras plus dire au prêtre "mon père je m'accuse …
Tu n'auras plus l'absolution, tu seras voué aux enfers.
Tu descendras dans la fournaise au royaume de Satan.
Pour le moins tu feras un passage au purgatoire.
  Sans l'espoir d'un ailleurs meilleur,
La mort tu appréhenderas !
 
  Allons ! Ouvre les yeux !
Par tes prières à Dieu
  N'es-tu pas mendiant de compassion et de charité ?
N'es-tu pas faible par peur d'affronter l'existence ?
Ta foi en la vie, en ta capacité d’être, d’aimer et de créer
Ne te suffit-elle pas pour exister ?

Ce Dieu des hommes ne serait-il pas le Dieu de la peur ?
Un Dieu inventé pour te soumettre,
Pour qu'à genoux tu implores ton absolution,
Tu fasses mea-culpa et sombres dans le regret

Absolution qui donne bonne conscience aux nantis
Aux profiteurs qui prient pour avoir toujours plus
D'une main ils amassent le fruit de la sueur d'autrui
De l’autre, pour le rachat de leurs pêchés,
Ils lui font la charité !
 
  Oublie ce Dieu des hommes ! Ce tout puissant !
  Au nom de qui, dans notre monde de science et de progrès,
On massacre des innocents
Fausse image d'un créateur justicier et bienfaiteur
N'est-il pas Impuissant à freiner la passion du profit
N'est-ce pas une Image trompeuse
Leurre qui cache son complice, le Dieu argent
Dont les ravages de jour en jour détruisent la planète
Et fait de nos enfants des esclaves de l'avoir

Ce Dieu soi-disant créateur d'un monde où se côtoient
L'enfant rongé par la vermine, mourant de faim
Et l'insolence des fortunes imméritées…
 
  Oublie ce Dieu qui se meurt !
Crois en la vie, au privilège d’exister !
  Aie foi au pouvoir de ton esprit et de ton cœur.
Tu portes en toi le vrai Dieu et son contraire le démon.
Use de ta capacité de choisir,
Ecoute ton cœur et ta conscience pour rejeter le mauvais.
Toi seul par ce choix auras foi en toi, en l'amour et le devenir

Ta prière ne sera pas " je vous prie donnez-moi ..."
Dans le besoin, humblement mais résolu
Elle sera "je suis, je veux et je vais !"
En pleine conscience, tu es et tu seras.
Ta prière sera offrande de ta richesse intérieure.

Par ta prière ne soit pas en attente
Elle est parfois vaine et trompeuse
Par ta capacité infinie d'être et devenir,
N'attends rien d'autre que de toi,
Ce qui te sera donné prends le par surcroît
S’il pourvoi à te grandir et conforte ta foi
Fais en profit pour qu’au centuple
Tu puisses donner sans compter
 
  Ta prière quotidienne sera
  Non des paroles mais des actes.
Des actes guidés par la liberté et la force de ton esprit
Des actes qui te soulagerons du fardeau de tes peurs.
Des actes qui te déchargeront de la chape de plomb
Dont dès ton enfance tu fus vêtu
Pour que ployant sous son poids,
Tu sois toujours en demande, toujours en attente
 
  Prière qui te fera peupler de riches heures
  L'espace de vie intérieure dont tu disposes
Espace de vie qui, ignorant dogmes et tabous, sera infini.
 
  Par ta prière tu retrouveras une liberté intérieure inviolable
Tel un soleil elle dissipera la nuit qui peuple tes jours.
 
  Elle fera place en toi à la lumière
Elle révèlera la Conscience d'être sommeillant en toi.

Délivrée cette conscience distinguera Dieu et Démon.

Elle te conduira sur le chemin du bien qui est en toi.
Et alors ni en demande ni en attente
Tu avanceras sur le chemin où grandit le Soi
Pierre après pierre tu construiras ton édifice
Tu seras en devenir

Alors tu connaîtras Le bonheur
Et généreusement tu le partageras.
 
  Seul l'usage de ton pouvoir d'exister sera ta prière
Tu porteras témoignage de ce dont chacun dispose
La capacité d'être et la liberté
Tu sèmeras autour de toi foi amour et devenir.
 
_____________________________________________________
  13 Octobre 2005
Haïkus
 
                           Cœur d'or
                     pétales d'amour
                     Marguerite

                                                                                                Robe coquette
                                                                                                Rouge vert jaune violette
                                                                                                Vignes en fête

                     Légères elles virevoltent 
                     Mélancoliques
                     Les feuilles


                                                                                                Ciel sans nuage
                                                                                                Envoûtant espace
                                                                                                Infini

                     Vitres givrées
                     Dessins de petits doigts
                     L'hiver est là

                                                                                                Neige fondue
                                                                                                Sabots mouillés
                                                                                                Flac flac

                     Boîtes en carton
                     Pleines à craquer
                     Souvenirs

                                                                                                Mon tabouret
                                                                                                Pieds ou fessier
                                                                                                Repos

                     Cauchemars
                     Longues longues
                     Mes nuits

                                                                                                Tourments oubliés
                                                                                                Bienfaisantes
                                                                                                Mes nuits

                    Yeux vifs oreilles dressées
                    Sur le qui-vive
                    La souris


                                                                                               Patiemment il guette
                                                                                               Bondit attrape
                                                                                               La souris mon chat

                    Mon cœur déborde
                    Espace sans borne
                    Amour

 
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  Mai 2000
A mon Maître d'apprentissag
e
Un Homme de la pierre
 
  Depuis sa jeunesse, il est dans la pierre
Il a passé la trentaine
Taille moyenne, bien planté sur ses jambes,
Droit, bien de toute sa personne,
Précédant le reste du corps, le dominant
C'est la tête qui est en avant

Toutes ces pierres qu'il a soulevées et portées,
Ont tant, tant pesé,
Qu'il en a le haut du dos légèrement courbé
Et que ses bras longs, longs s'en sont allongés,
"Longs comme ceux d'un singe"
Disait-il non sans humour.

Net, son visage est tracé au cordeau.
D'une ligne horizontale,
Son chapeau dessine le haut du front
Deux verticales délimitent le visage,
Elles descendent jusqu'à la mâchoire,
Seules les oreilles en dépassent.
De là, elles obliquent, se rapprochent
Et enserrent le bas du visage.
Pour souligner la carrure
Du menton glabre et bien d'aplomb
Par une droite elles sont coupées.

Par cette figure tracée au cordeau,
Toute sa personnalité est présente,
Elle n'indiffère, elle impose.

Bien qu'il soit encore dans la jeunesse,
La trentaine, c'est presque du neuf !
La pierre étant une sacrée maîtresse,
Nul besoin des ans pour qu'elle vous dresse.
Aussi chez cet homme-là
Déjà, l'expérience est là pour observer.


Bien plus, en lui il y a de la science.
Pourtant c'est un manuel,
Par ses fortes mains on le voit,
Mais ses yeux brillent, montrent qu'il a de l'esprit


De la science ! oui ! cela se ressent.
Oh ! pas comme généralement on l'entend,
Telle qu'enseignée dans les universités,
Non ! celle qui a appris à percevoir,
A apprendre, par ses mains, son esprit,
Par la matière avec laquelle on ne triche,
Ce qui est bien et droit
Ce qui ne l'est pas.
Et ça ! ses yeux le disent
Il a du savoir. Il est droit, ne triche pas

C'est son regard qui importe, qui marque
Il vous surprend tant il est fort.

Une personnalité !
Il y paraît sans aucun doute
On le sent déterminé.
Il vous fixe sans sourciller.
C'est le direct du boxeur qui vous atteint, net !
Sans agresser, bien au contraire.
Regard intelligent et scrutateur,
Il entre en vous, vous dévore calmement.
Non sans malice d'ailleurs.

Il vous dévisage du haut en bas.
Lit dans vos yeux qui vous êtes,
Si intensément qu'il vous ferait reculer.
Il vous déshabille. Vous êtes nu devant lui.

Il le fait par expérience, non pour juger
Seulement vous jauger.
Non pour un combat,
Simplement pour savoir ce que vous attendez,
Et au mieux vous donner.


Vous n'êtes point troublé, au contraire.
Dès l'abord il vous accueille, vous apprivoise.

Quand il vous regarde,
Nul besoin de sourire sur son visage
Son regard suffit, nulle gène vous avez.

Si un heureux hasard vous confie à lui,
Tant sa science que son savoir vous séduiront,
Avec confiance vous vous abandonnerez.
Ce savoir, cette science dont il est riche
Sans compter il vous en comblera.
Par ce don sans peine il sera votre Maître.
A la première rencontre,
Ne serait-ce que par intuition,
Vous le ressentirez.
 
______________________________________________________
  24 Mai 2002
Ballade de l'immigré
 
  O temps ! Qu'as-tu fait de moi ? Que vois-je à cette heure ?
Qu'as-tu fait de mon âme ? Qu'as-tu fait de mon cœur ?
Pourquoi encore sur mes lèvres ai-je ce goût amer ?
Souvenir de frustrations d'enfant démuni du nécessaire,
De ces douloureuses privations qu'ignoraient les nantis,
Misères infligées par l'insatiable injustice et les interdits.

Blessures pour l'écolier qui ne pouvait comprendre ni n'a jamais compris
Pourquoi cette injustice, source de différence entre démunis et nantis.
Bien qu'à mon âge, de sagesse et de paix chacun doit profiter,
Cri de douleur que je pousse encore aujourd'hui, à jamais blessé.
Cri qui déchire ma poitrine car malgré le progrès et la science
Injustice et souffrance demeurent présentes.

Ecolier, de la misère et du dédain de l'immigré j'ai souffert et j'ai pleuré.
Adolescent, blessé par injustice et inégalité, de colère je me suis révolté

O temps ! pourquoi m'as-tu laissé porter ce fardeau de l'enfant que j'ai été,
Blessure profonde qui sans cesse m'a hanté. Je voulais fuir pour oublier.
Ne regardant jamais derrière sinon pour n'y voir que misère.
J'ai marché, marché, fuite en avant qui n'était que leurre amer.
Pourquoi m'a-t-il fallu tout ce temps, pliant sous cette pesante carapace
Pour m'arrêter enfin et trouver la liberté de me regarder en face ?

As-tu voulu me réprimer ou au contraire m'aiguillonner ?
Réprimé par les inhibitions, pour l'enfant sources de souffrances,
Réprimé par les inhibitions qui ne me permettaient pas d'oser
Et, refrénant mes désirs, bien souvent me réduisaient au silence ?
Ou alors aiguillonné par une absence, que ma révolte enfantant,
Fit de moi, pour lutter contre l'injustice un infatigable combattant ?

Des deux tu me fis don. De leur fruit mon combat devait naître.
Combat aidé par la volonté et l'énergie dont regorgeait mon être
Négligé dans l'apprentissage scolaire, aiguillonné par le désir du savoir
Négligé par le bien être matériel, aiguillonné par la révolte de ne pas avoir
Les deux se sont complétés. Ils firent de moi ce révolté. L'un a engendré l'autre.
Absence injuste subie, n'est-ce pas là l'aiguillon, soutien de l'apôtre ?

Je pourrais avoir des regrets de ce que j'aurais dû faire et n'ai pas fait
De même pour ce que je n'aurais pas dû faire et que j'ai fait

Allons ! A quoi bon aujourd'hui un quelconque regret !
Que s'éteigne ce goût amer dont il me semble être sujet !
Des absences, déceptions et déconvenues survenues il me faut faire litière.
Que seules les richesses engrangées soient mon viatique et mon bréviaire.
Sagesse et paix en moi cheminez ! Eloignez de moi d'encore funestes envies !
Permettez que je croque à pleines dents les précieux fruits de la vie.

Il faut, une bonne foi pour toutes, se retourner sur le chemin parcouru,
Regarder résolument, bien en face, le bon et le mauvais, le bien et le mal vécus.
En tirer la leçon qui s'impose au regard qui est mien aujourd'hui,
Définitivement réconcilier celui que j'ai été avec le devenu que je suis,
Afin, avant que n'arrive le moment où dans le jardin du temps je ne serai plus,
Débarrassé des oripeaux dont je fus successivement vêtu, je sois nu.

Combien j'aimerais retrouver mes précieuses et innocentes prières d'enfant,
Non pour demander une aide , ce que j'ai reçu est plus que suffisant.
Mais pour exprimer ma reconnaissance d'avoir été, alors que je croyais n'être rien.
Dire merci à la vie pour m'avoir donné tout au long du chemin qui fut mien
Cette force du "devenir" et d'avoir chassé de mon cœur l'amertume
Qui aurait encore pu être mienne, si je n'avais découvert mon immense fortune.
 
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  1er Septembre 2003
Liberté d'aimer
 
  Chaque jour nouveau qui t'est offert est un jour neuf
Ne le ternis point par des regrets inutilement accumulés.
Avec des regrets tu ne construiras point.
Seul l'enseignement des riches heures du passé peut éclairer ton chemin.
Seul cet enseignement te permettra d'exister vraiment.
Seul il fera que, de ce jour neuf, le Soi profond qui est en toi jouisse pleinement

Même si tu as été injustement touché
Dans ton corps par des maux que tu ne méritais pas,
Dans ton cœur par les empreintes cruelles du destin,
Dans ton âme par l'injustice des hommes,
Lorsque tu regardes derrière toi, n'en retiens pas les fruits amers.
Retiens ceux qui ont été profitables et dont le souvenir t'es cher.

Même si pour toi, venant des jours passés,
Un combat t'est imposé pour aujourd'hui et encore demain,
Par les souffrances endurées et celles encore à venir,
Par les richesses qu'il a laissées et laissera encore en toi,
Poursuis ce combat sans haine ni méchanceté.
Emploie toutes tes forces pour vaincre ou accepter.

Si pour toi, le temps traîne des plaies non encore fermées,
Pense que la sagesse des ans est un baume guérisseur,
Regarde alors ces blessures comme simplement passagères,
Fais en un acte rédempteur, purificateur du Soi qui est en toi.
Prends la sage décision, Ici et maintenant et pour les jours à venir,
D'encore aimer, construire et devenir.

Laisses là les regrets et va !
Chaque lever de soleil que tu auras le bonheur de vivre
Sera toujours un jour neuf pour toi.
Jour d'amour et de bonheur ou jour de souffrance et de douleur
En ce jour présent et ceux à venir, qu'importe ce qui sera tien.
Nul ne pourra t'enlever ta différence et ce qui t'appartient :

La liberté d'être soi,
La liberté d'aimer
.
 
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  Novembre 2002
L'infini des jours
 
 

Samedi 16 novembre 2002

Dans le défilement de l'infini des jours
Ici-bas

Il y a le jour où tout commence...
Il y a le jour où tout finit.

Entre ces deux il y en a d'autres

Jours ordinaires
Jours où survient un évènement
Jours où il semble qu'il ne se passe rien
Jours où l'on rit jours de bonheur
Jours où l'on pleure jours de douleur

Puis d'autres encore

Ceux où l'on aime
Ceux où l'on a aimé
Ceux où l'on déteste
Ceux où l'on a détesté,
Ceux qui ne disent rien
Ceux qui parlent
Ceux qui marquent
Ceux qui illuminent
Ceux qui détruisent

Chaque jour est un jour neuf
Chaque jour est un jour unique

Lundi 18 novembre

Jours de soleil

Il fait bon au jardin
La promenade nous tente
La joie est facile

Jours sans soleil

Empreints de tristesse
La distraction nous indiffère
Propices au labeur

Jours de pluie

L'oiseau se blottit sous les feuilles
Le sol brille flaques d'eau
Ciel arbres s'y reflètent

Jours de printemps

le soleil remonte à l'horizon
renouveau de la nature
Les oiseaux chantent
Les fleurs éclosent
Parfums nouveaux qui nous enivrent
nos cœurs à l'unisson

Jours d'été

Eclatante lumière du soleil
Chaleur étouffante de ses rayons
Fraîcheur bienfaisante de l'ombre
Volets clos le jour
Fraîcheur bienfaisante des nuits
Volets grands ouverts

Jours d'automne

Enchanteur embrasement
Vives et chaudes couleurs
La nature ondulations multicolores
Le soleil devient caresse
L'on a envie de ne rien faire
De se laisser bercer
Par la douce chanson de sa lumière

Jours d'hiver

Le soleil est au plus bas à l'horizon
De face il frappe arbres et maisons
Il fait les ombres longues… longues...
Lumière apprivoisée par les frimas
Il pénètre au fond de nos maisons
Sa chaleur nous y accueillons

Mardi 19 novembre

Il y a le jour où l'enfant paraît
Il y a le Jour où un être cher s'en va

Tout au long de la vie ces jours se multiplient

Jours de bonheur
Jours de chagrin

Mercredi 20 novembre

Il y a les jours de découvertes

Jours où l'on découvre les faces de la vie
Jours où l'on découvre l'autre
Jours où l'on se découvre enfin
Jours où l'on nous découvre enfin

Quelque fois un peu tard mais jamais trop

Il y a les jours de victoire

Les jours de défaite

Il y a les jours où l'on gagne

Les jours où l'on perd


Il y a les jours de solitude

Douloureuse
Pour qui ne sait se satisfaire
Bienfaisante
pour qui se satisfait d'être

Les jours de compagnie et d'échange

Où, par l'autre, la conscience du soi grandit
Où l'on rend à l'autre ce qu'il nous a donné
Où l'échange est bienfaisant

Les jours de désespoir,

Jours où l'on doute de soi et de l'avenir
Jours où le temps semble long
Pèse et fait mal

Les jours de foi en la vie,

Jours d'espérance
Jours où le temps semble court
est bon et léger à porter

Les jours où l'on croit en l'au-delà,

Où le chemin de vie mène à l'infini
Où notre fini devient infini
Jours sacrés qui mènent au royaume de Dieu
Jours bénis où le bonheur empli nos âmes
Où l'on ne vit que d'espoir

jeudi 21 novembre

Dans l'infini des jours

Il y a il y aura toujours
Des jours passés présents et à venir.
Les nôtres ceux des autres avant et après
Et c'est ainsi à l'infini

Ces jours ne sont qu'un instrument
Ils mesurent la longueur de notre chemin

Instrument des mortels que nous sommes
Dans l'infini des jours
Il mesure un temps qui n' existe pas
Illusoire notion du fini
Dans l'incommensurable infini

Dans cette immensité

Que sont alors ces jours marqués par des nuits
Sinon pour nous mortels le temps qui passe
Et en chemin nous abandonne

Foin de nostalgie de ce temps qui passe

Jouissons pleinement du présent
Qu'importe ce que l'on nomme jours
Laissons les venir être présents et s'en aller
Découvrons seulement les joyaux du passé
Bénit soit le jour qui nous les révèle
Marquons-le d'une pierre

Précieusement
Gardons ces jours riches de souvenirs
Apprécions les joies et les peines
Et tout ce qu'ils nous ont apporté
Remercions la chance de les avoir vécus
De vivre celui d'aujourd'hui avec bonheur
D'avoir le privilège d'être là et jouir
Du passé du présent et de l'avenir


Vendredi 22 novembre

De nos yeux enlevons ce bandeau
Qui nous cache vérité et lumière

Voyons les incomparables richesses
Qui en chacun de nous dorment
Souffrance endurée nous accepterons
Souvenirs de bonheur nous revivrons
Nuls regret ne terniront nos jours

Vie abîmes et sommets nous accepterons
Les extrêmes ne feront qu'un
Et pour notre bonheur et celui des autres
Dans nos âmes et nos cœurs paix sera

Le temps marqué par les jours et les nuits
S'écoulera sans heurt
Et alors sans appréhension dans la sérénité
Pour notre bonheur
Notre fini se fondra dans l'infini des jours


Samedi 23 novembre

Avant que la nuit de l'infini ne soit,
Freinons le pas, ne mesurons plus le temps

Le décompte des nuits qui ont marqué tes jours
Approche de sa fin

Tu as tellement marché
Que du haut de ta nature de mortel
Le nombre de ces jours écoulés
Te semble immense
Et pourtant il est court
Sans mesure avec l'infini du temps

Qu'importe la mesure
Elle est infime et importe peu
Seul compte le présent
Ni hantise ni peur du lendemain
Nos jours forment un édifice
Suivons en le plan
Chaque jour en est une des pierres
Celle d'aujourd'hui est l'assise
De celle que l'on posera demain
A sa pose mettons tout notre soin
Et chaque jour engrangeons
La moisson des jours de notre édifice

Seul existe à jamais
Des espaces d'éveil le bon grain récolté

Prends conscience des richesses amassées
Dont le souvenir demeure présent
Dis merci à la vie des privilèges accordés

Grâce à la conscience que tu as aujourd'hui
De ce qu'ils t'ont apporté
Considère comme un bien profitable
Ces joyaux trop longtemps ignorés

Ce bien-être dont maintenant tu disposes
Fais-en profit pour toi et ceux qui t'entourent

Qu'il éclaire d'un sourire tes lèvres
Et même s'il est intérieur ou discret
Fais qu'autour de toi il te soit rendu

 
____________________________________________________
 16 Mars 2000
Dans les pins du jardin
 
 

Un écureuil sur une branche de bois
Mort, elle n'a plus d'aiguilles.

Myriade d'étoiles jaunes, rouges,
Les pignes par lui écaillées, gisent éparpillées
Là au pieds des pins sur un lit d'aiguilles.

Repas d'aujourd'hui, repas de demain,
Réserve pour l'hiver prochain,
Dans le silence et le calme du jardin,
Des pignes de pin les délicieuses amandes,
Patiemment de ses dents et de ses griffes,
il écaille, décortique, grignote, met de côté
 
Mais ce calme est rompu soudain
Froutt ! D'un bon il saute!
Haut, près du sommet du pin.
De l'intrus, le bruit des pas feutrés sur les aiguilles
L'a mis en garde. Figé sur une nouvelle branche,
Pas de bois mort, elle est garnie d'aiguilles,
Panache de queue en point d'interrogation, il attend !
Aux aguets, immobile, il écoute !
Mobile sa petite tête, mouvements interrogateurs,
De-ci, de-là, de droite à gauche elle va.
Petits yeux vifs il regarde
Petites oreilles pointues il écoute

Plus rien ne bouge, plus rien ne bruit.
par le silence rassuré
Des pignes de pin les délicieuses amandes,
Patiemment de ses dents et de ses griffes
Il écaille, décortique, grignote, met de coté

De nouveau, rompant le silence,
L'intrus se manifeste.
Léger crissement en bas sur les aiguilles
Tant l'intrus est précautionneux.
Bruit insignifiant
Mais suffisant pour les petites oreilles pointues
Du moindre bruit toujours à l'affût.
Il se fige, tête droite, regard fixe, il écoute
Rapide comme l'éclair, froutt ! froutt ! froutt !
De branche en branche il bondit
Abandonne là son butin
De bond en bond il s'en va loin
Très loin,
Hors de la présence de l'intrus.

Tant pis pour lui le maladroit
Désappointé de son manque de discrétion.
Tant pis pour lui il n'en verra pas plus.
Les pins sont déserts, l'écureuil a disparu.

Hors de vue de l'intrus, dans les pins du jardin voisin,,
Des pignes de pin les délicieuses amandes
Patiemment de ses dents et de ses griffes
Il écaille, décortique, grignote, met de coté

Tant qu'il y aura des pins
Dans mon jardin et ceux des voisins,
Furtifs et agiles des écureuils
de branches en branches bondiront
Des yeux des intrus se soustrairont
Des pignes de pin les délicieuses amandes,
Patiemment de leurs dents et de leurs griffes
Ils écailleront, décortiqueront, grignoteront, mettront de côté.

 
_____________________________________________________
  24 Septembre 2004
Haïkus
 
  Rai de lumière
Sommeil il m'enlève
Jour nouveau
 
  En bas du pré
Une rivière des poissons
Plaisirs d'enfant
 
  Des yeux heureux
Discret sourire
Lumière de vie
 
  Les prés en fleurs
Promenade solitaire
rien ne pèse
 
  Paix calme du lieu
Eaux profondes transparence
Limpidité
 
  Qu'y a-t- il derrière
Cette porte ouvrons-la
D'autres marches
 
  Bonheur de vivre
Tout est sourire et lumière
Merci
 
  Miroir d'eau
mon image
Ciel bleu profond
 
  Petit chemin
Vieux murs moussus arbres verdure
Plaisir de passer
 
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  25 Septembre 2004
Branches mortes
 
  L'arbre en liberté
De ses branches mortes
Ne peut se libérer
Pour ce faire
Il n'a pas l'esprit
Le temps seul
Le délivre

L'arbre vit sans penser
Il ne peut bouger
La sève qui coule en lui
Ne le fait que pousser

Regarde cet arbre
Il porte un poids inutile
Ne sois pas comme lui
Tu as de l'esprit
Tu peux marcher
Faire défaire
Aller venir
Jouir de ta liberté

Des branches mortes
Libère ton passé
N'attends pas

Aussi vieux soit-il
Ne garde
Que le bois vivant
Sa mémoire t'est utile

L'arbre que tu es
Apprends à le connaître
Entretiens-le au mieux
Des branches mortes dépouillé
Du bois neuf fais pousser

Ton arbre
De sève se gorgera
Feuilles fleurs et fruits
Généreusement il te donnera
 
____________________________________________________
 
 
 
  Réflexions
 
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