Un destin Pierre FERRUA
 
 
 
  Réflexions Poésies
 
 
 
 
 
Liens des textes.
Les textes sont placés dans l'ordre chronologique inverse de leur parution. Le dernier en date apparaissant le premier
 
 

Du pouvoir d’achat – 10 avril 2011
Révolution – 24 février 2011
Capital vie – 25 novembre 2011
Mendicité et générosité – 30 août 2010
Nouvelle du jour : transfert ou vente – 24 août 2010
A propos des Roms et autres nouvelles – 21 août 2010
Aux armes Citoyens ! A bas les privilèges – 21 avril 2010
Sur la répartition des richesses – 15 avril 2010
Privilèges 2 – 21 février 2010
Privilèges 1 – 13 février 2010
Sur la liberté – 10 août 2007
A propos du sens de la vie 2 – 20 juillet 2007
A propos du sens de la vie 1 – 20 mai 2007

 
Du pouvoir d'achat
 
  10 avril 2011
 

On parle beaucoup en ce moment de baisse du pouvoir d'achat. Si cette baisse est discutable pour certains, elle est incontestable pour d'autres, en particulier les retraités.

Depuis plusieurs années la stagnation du montant des pensions de retraite et l'augmentation vertigineuse des produits de première nécessité m'avait frappé. Cependant je n'en avait jamais fait une évaluation exacte. Aussi, pour en avoir le coeur net, me suis-je résolu à faire un petit calcul pour me permettre de faire une estimation de l'évolution de mon pouvoir d'achat ces dernières années sur des exemples précis.

Il s'agit de la comparaison entre l'augmentation de mes pensions de retraites et le coût de mon panier lors de marchés périodiques sur 10 ans de 2001 à 2011

Evolution de ma pension de retraite sur cette période :

De janvier 2001 à janvier 2011 le montant de ma pension de retraite de sécurité sociale (j'ai 56 ans de cotisations ininterrompues) a augmenté sur 10 ans exactement de 16% soit : 1,6% l'an

Chiffres à l'appuis : en 2001 pension mensuelle de la Sécu : 974.61 €, en 2011 : 1130.68 € soit 156.07€ de revalorisation : 156.07/ 974.61 = 16%)

Du point de vue des dépenses je me base sur deux critères,

  • l'un est l'évolution des prix chez mon poissonnier,
  • l'autre le montant de mon panier au marché.

Le premier : mon achat au poissonnier se montait en 2001 environ à 250 F soit 38.11 €. En 2011, pour une quantité inférieure (Les vieux ont des besoins nutritifs moins importants)  il me coûte environ 70 € ce qui donne  une augmentation sous-estimée de 83.67% en dix ans soit une moyenne de 8.36% l'an

Le deuxième : la dépense totale pour mon marché s'élevait de 500 à  600 F, soit : 91.47 € maxi. Aujourd'hui la dépense, pour une quantité moindre là aussi, se monte de 150 à 175 €. Si je compte une moyenne de 85 € en 2001 et 160 € en 2011 j'obtiens 88% d'augmentation. Ces chiffres sont approximatifs mais plutôt inférieurs à la réalité.

Ils sont tellement exorbitants que je ne puis m'empêcher de vérifier et de revérifier mon calcul. Ils sont indiscutables. Grâce à l'informatique, la tenue régulière de mes comptes en banque depuis 2001 le prouve sans contestation possible

Ayant des exemples précis, je cite cette dépense comme exemple, mais je ne pense pas que l'on puisse me contredire si je dis qu'il en est de même pour le chauffage, l'entretien de la maison, l'habillement à qualité égale et tous les autres frais auxquels doit faire face un ménage

Conclusion :

Tout discours est inutile, les chiffres parlent d'eux-mêmes :

Augmentation de revenu sur les 10 dernières années : 1.6% l'an
Augmentation sous-estimée du panier au marché : 8 à 9% l'an

Soit : baisse de mon pouvoir d'achat sur ces dix dernières années : 60 à 70%…6 à 7% de moyenne par an…

Ayant pris ma retraite en 1993 à 67 ans, si je fais le calcul sur 17 ans … sans commentaire !

Question se pose : où passe l'argent. La masse monétaire n'a pas diminué ces 15 dernières années que je sache ! Tout au contraire, vu l'augmentation du coût de la vie, sans être financier ni économiste, on peut penser qu'elle a décuplé. Alors dans quelles poches va cet argent qui nous fait si défaut. Nos politiciens, qu'ils soient de l'extrème gauche, de la vraie gauche, de la gauche caviar, du centre-gauche, du centre, du centre-droit, de droite ou d'extrême droite, malgré leurs beaux discours, sont bien impuissants devant la disparité honteuse existant entre les revenus.

Il y a bien des tentatives de réajustement (laissez moi rire !!!). N'ai-je pas entendu dernièrement à la radio le représentant d'un grand parti national dire qu'il est prévu dans son programme, pour l'élection présidentielle, de réduire le salaire des grands patrons des entreprises nationales à 20 fois le salaire minimum. Sur quels critères se base-t-il ? Pourquoi pas 10 ou 30 fois ?

Ce serait certes faire un pas en avant, mais un bien petit pas.

Le SMIC étant actuellement à 1365 € mensuels pour 35 heures par semaine, multipliées par 20 cela donne quand même 27 300 € mensuels; par mal non ! Avec un tel salaire la dépense chez le poissonnier, aussi cher soit le poisson consommé, n'écorchera pas beaucoup le porte-monnaie.

N'a-t-on pas entendu dernièrement à la radio ce patron qui déclarait, concernant une affaire qui a fait pas mal de bruit, abandonner ses bonus de fin d'année pour se contenter de son salaire annuel de... 8 millions d'euros. Et ceci bien qu'il ait dû faire des conneries puisqu'il vient de démissionner ! Où allons nous ?

8 millions d'euros cela fait quand même 488 fois le SMIC. Donc il faudra pour un smicard travailler 488 ans pour toucher la même somme !!!

Le patron d'une grande entreprise nationale a certes d'importantes responsabilités. Mais, même si le smicard n'est bloqué plus que 35 heures par semaine devant sa bécane n'en a-t-il pas un certain mérite ! Et surtout qu'il s'avise de ne pas faire de conneries car il sera viré sans ménagement, c'est pas lui qui va démissionner sans bonus.

Je ne me fais pas d'illusion, ce n'est pas l'audience que rencontre mon blogue qui fera changer les choses. Écrire cet article aura au moins le mérite de me soulager et cela n'est pas si mal. Quoi qu'il en soit, je me contenterai de cette maigre satisfaction car ce n'est pas le pognon qui fait mon bonheur de vivre.

 
 
Révolution !
 
  24 février 2011
 

Révolution! C'est le mot du jour. Ce qui se passe dans certains pays du Maghreb peut en effet être considéré comme de véritables révolutions ? Qu'en résultera-t-il ? Difficile de prévoir, le pouvoir absolu d'un dictateur ne fera-t-il pas place à une dictature religieuse ou pour le moins à une reconstruction laborieuse non sans excès ?

L'objet de ma réflexion n'est pas de discourir sur l'avenir de ces pays. Il concerne une toute autre révolution, celle que nous devrions accomplir chez nous. Certes il n'est pas dans mes intentions de prendre comme modèle la violence de ces révolutions. Nous ne sommes pas sous la botte d'un dictateur et les gens qui nous gouvernent respectent la laïcité. Néanmoins nous subissons une dictature. Si elle est moins apparente et ne porte pas une atteinte franche à notre liberté d'agir, elle existe bel et bien et fait chaque jour de plus en plus de ravages.

Dans nos pays dit "civilisés", le vingtième siècle a vu une totale déconstruction de nos valeurs ancestrales au profit d'autres raisons d'agir et de manières d'être. Nos mœurs actuelles feraient certainement dresser les cheveux sur la tête de nos ancêtres et peut-être même les feraient tomber en pâmoison.

Outre l'évolution des mœurs, des changements importants sont survenus sur le plan social.

Auparavant,  dans la société nous distinguions trois classes:

  • la classe ouvrière,
  • la classe moyenne
  • La classe des riches.

Aujourd'hui, fruit de ce que l'on nomme "progrès", elles sont bien plus nombreuses :

  • Celle des pauvres qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts.
  • Celle de la classe ouvrière demeure, mais avec une disparité de revenus injustifiée.
  • Celle de la partie de la classe moyenne qui voit chaque jour son pouvoir d'achat s'amenuiser.
  • Celle de la partie de la classe moyenne que l'on peut classer à la limite à la frontière des riches et qui, progressivement, bascule même au-delà.
  • Celle des riches qui sont de plus en plus riches.
  • Celle des très riches qui son malades de surplus de pognons à ne savoir qu'en faire.

Cet éclatement révoltant est le fruit d'une véritable dictature, celle du profit, celle de l'argent. Cette dictature est aussi inacceptable, toutes proportions gardées, que celle des pays qui se révoltent aujourd'hui ? Ne justifie-t-elle pas, elle aussi, une révolution. Oh ! Une révolution pacifique certes, sans bain de sangs (1789 a été bien suffisant), mais une révolution de longue haleine pour changer notre système de société, et nous permette de trouver des valeurs adaptées aux bouleversements que les progrès scientifiques, techniques et informatiques ont apportés à notre mode de vie. Une révolution qui permette enfin la répartition équitable des richesses.

Cette révolution est le seul moyen de le faire. Ce n'est pas avec notre système de société actuelle que nous pouvons prétendre appliquer les maximes de la république "égalité et fraternité". Ce n'est pas non plus avec nos notions périmées de politiques d'extrême droite, de droite, de centre droit, de centre tout court, de centre gauche, de la gauche et de l'extrême gauche que nous trouverons des solutions. Le spectacle affligeant que nous offrent chaque jour les gens qui nous gouvernent et leurs opposants, ne plaide pas pour un grand changement dans notre système de société et dans l'inégalité honteuse qu'il y règne.

Aurons-nous le courage et le désintéressement suffisant pour faire cette révolution ? La possibilité d'une telle révolution ne relève-t-elle pas d'une utopie? Y aura-t-il suffisamment d'hommes et de femmes de tous bords et de haute stature politique, capables d'une abnégation suffisante de l'avoir et conscients de la dictature du profit pour mener à bien une telle révolution ? Il est permis d'en douter. Il faudrait trop de désintéressement à ceux qui possèdent le pouvoir pour abandonner les prétentions et les privilèges qu'il leur confère. Dans la mesure où ils sont dépendants des riches et même, bien souvent, en font partie, il leurs est difficile de partir en guerre contre eux. C'est pourtant le seul moyen de répartir équitablement les richesses de ce monde.

Cassons la machine à faire les riches, prenons l'argent là où il est, et rendons l'homme moins dépendant de l'avoir et plus conscient de ses capacités d'Etre et de ses devoirs. C'est la révolution que nous devons faire !

 
  Capital vie  
  25 novembre 2010
 

Dans les articles de mon blog, pour exprimer mon sentiment de révolte contre l'injustice, je fustige un système de société que j'estime décadent par la perte des valeurs et le fossé de plus en plus profond qui sépare les riches (il y en a de plus en plus) et les pauvres (il yen a de plus en plus aussi), fossé creusé par l'inconscience, l'injustice et la course au profit. La classe que l'on disait "moyenne" se réduisant au fil des jours comme une peau de chagrin.

La vie peut être considérée comme les deux faces d'une médaille. Il y a le côté face. Il représente l'avoir c'est-à-dire le profit que chacun retire de son activité, c'est la face vue, celle que je dénonce lorsque je fustige notre système. Il y a le côté pile qui représente la capacité d'être de chaque individu. Face cachée qui, bien qu'elle puisse être en partie dépendante de l'avoir, n'en est pas moins profitable et perfectible quel que soit le niveau de fortune de chaque individu.

On peut être révolté par les monstruosités de notre monde en folie et militer pour un changement tout en demeurant réaliste et conscient le de notre capacité d'être abstraction faite de l'avoir.

Cette capacité d'être est notre capital vie. C'est une fortune personnelle que nous possédons tous et que nous pouvons plus ou moins développer suivant la conscience que nous en avons. Discipline de vie, respect du corps et maîtrise du mental sont les moyens indispensables permettant de conserver et développer notre capital vie. Seul un entraînement régulier peut en permettre la perfectibilité pour jouir pleinement du moment présent et préparer notre devenir. Cc'est un vécu personnel dont je porterai témoignage dans site en cours de construction.

Fort de l'expérience d'une vie où les outrages, les trahisons et les souffrances ne me furent pas épargnées je souhaite démontrer que la vie peut nous permettre, tout en demeurant un homme de combat de jouir de la pleine liberté que nous permet le bonheur de vivre.
 
 
Mendicité et générosité
 
  30 août 2010
 

Première info : le président d'une association humanitaire reconnue mondialement déclarait vouloir faire appel à la générosité publique pour récolter des fonds pour permettre à l'association de poursuivre son action en faveur de l'enfance nécessiteuse.

Deuxième info : Une femme très fortunée d'un certain âge aurait décidé de ne part faire son ami (bien plus jeune qu'elle semble-t-il) légataire universel de sa fortune, car elle lui a généreusement donné, depuis quelque année (certainement en échange de ses services), la coquette somme de un milliard d'euros

D'un coté, on mendie des euros pour secourir des enfants que la richesse de la planète, si elle était bien partagée, devrait suffire pour leur assurer une vie décente, de l'autre on joue avec des milliards d'euros avec une désinvolture révoltante.

Il se passe peu de jours sans que l'on soit sollicité, par le bais d'associations humanitaires, par courrier ou par téléphone, d'aumônes pour venir en aide à ceux qui sont dans le besoin.

Quand fera-t-on cesser cette honteuse mendicité et prendra-t-on aux riches l'argent qu'ils gagnent d'une manière imméritée dans un système de société basé sur le profit. Système qui permet aux riches de devenir de plus en plus riches, rend les pauvres de plus en plus pauvres et pressure le citoyen moyen comme un citron alors qu'il compte euros par euros et non par milliard.

Arrêtons de donner chaque jour davantage aux riches, de faire rêver l'homme de la rue sur les sommes colossales que distribuent les jeux du hasard, de dépenser et distribuer indûment des sommes faramineuses dans le sport et le spectacle, de gaspiller l'argent du contribuable pour des opérations de prestiges coûteuses et inutiles, et tolérer des magouilles indignes de la part de gens de pouvoir.

Quand la raison prendra-t-elle enfin le pas sur le comble de la déraison dans une société qui se dit humaine mais qui me semble plus proche d'un groupe de bipède dont la plupart des plus fortunés intellectuellement ou physiquement, des hommes de pouvoir et d'argent, n'agissent que mus par un  instinct égoïste et stupide

 
  Nouvelle du jour : transfert ou vente  
  24 août 2010
 

Nouvelle du jour : Transfert ou vente

Le joueur X est transféré du club de football Y…au club de football Z… contre le versement d'une somme de 22 millions d'euro

La définition du mot transfert varie selon les dictionnaires : seul le Larousse donne celle-ci, elle concerne le transfert en question :  2 [SPORTS. ] Changement de club d'un joueur professionnel.

Mais il n'est spécifié nulle part si le mot transfert sous-entend une transaction financière.

Faudrait-il alors dire "vente" pour la nouvelle qui nous concerne ?

Quoi qu'il en soit, qui dit opération financière, dit "valeur donnée à l'objet de la transaction"

Pour être objectif et donner sa valeur à l'objet d'une transaction, un être humain en l'occurrence, sur quel critère peut-on se baser ?

Son poids physique : c'est cher le kilo !

Son poids en capacité intellectuelle : dans notre cas, le prix au Kilo de matière grise me semble démesuré si on le compare à celui d'un savant qui a fait des années et des années d'étude pour acquérir un savoir qui laisse bien loin derrière lui celui d'un homme, aussi doué soit-il par la nature, qui à acquis son métier en tapant dans une balle. Travail qui ne demande pas une capacité de réflexion extraordinaire. Nous en avons la preuve lors des interviews qu'ils accordent. Notons qu'ils ont fait des progrès dans ce domaine. Nécessité de communication minimum oblige.

Son habileté dans sa spécialité. Dans un monde clos où l'on ne ferait que du football, cela pourrait se concevoir. Mais sur notre planète, il y a des spécialités qui sont beaucoup plus utiles à la société et auxquelles il n'est pas accordé une telle valeur.

Si l'on veut rester dans l'ordre normale des valeurs de transaction dans une société qui respecte encore la dignité humaine, inutile de chercher une echelle des valeurs lorsqu'il s'agit de pognon, cessons là une recherche qui ne mène à rien, d'autant plus dans un pays comme le nôtre qui se prévaut d'être une République et inscrit sur le fronton des mairies le devise (illusoire) Liberté – Egalité – fraternité.

Un seul mot peut expliquer une telle aberration c'est le "PROFIT"
Le profit avant toutes choses pour faire tourner les clubs de foot, alors que l'on ferme des hôpitaux pour faute de rentabilité, que ceux qui restent sont priés de réduire leurs frais en comprimant le personnel. On pourrait citer d'innombrables cas où l'on a recours à la mendicité pour faire face à des tâches humainement indispensables pour subvenir aux besoins élémentaires et essentiels de la population.

Que dire aussi du salaire que touchera le joueur X : 380 000 euros par mois. Comparé aux SMIC et aux quelques centaines d'euros que l'on donne aux Roms pour rentrer "volontairement" chez eux, toute notion de valeur disparaît pour faire place à celle de gaspillage honteux et de profit.

 
  A propos des Roms et autres nouvelles  
  21 août 2010
 

Le monde dans lequel nous vivons, tel que nous le présentent chaque jour les médias, peut être considéré comme un gouffre d'inégalité, d'injustice et de cupidité sans fond où l'absurdité et les contradictions des commentaires qui nous sont déversés, tant par certains journalistes, politiciens et grands de ce monde, n'ont d'égal que la colossale et révoltante dimension existant entre les pauvres et les riches sur notre planète.

N'est-il pas révoltant qu'au cours du même journal télévisé on nous parle, entre autre, de deux sujets qui démontrent l'impuissance dans laquelle nous sommes de faire régner la moindre justice ici-bas, et qu'une sommité mondiale respectée ignore la cible à viser.

D'une part on nous parle des Roms qui retournent "volontairement" et "gratuitement" dans leur pays où l'on crève de faim. Qu'ils en reviennent quelques temps plus tard pour bénéficier de nouveau de l'aide au retour et recommencer ainsi un manège sans fin. Lequel manège (réflexion personnelle) fait d'une vie un enfer et ne peut conduire qu'à la haine des possédants et justifier les rapines dont on les accuse.

D'autre part on aligne les sommes colossales que touchent les patrons banquiers Pour leurs services. Lesquels services (réflexion personnelle) ont bien souvent pour origine les profits réalisés par leurs firmes sur la sueur des gens qui bossent pour des salaires de misère dans les pays que l'ont dit "émergeants" ou bien à coup de restructurations qui mettent, sous prétexte de rentabilité, dans un indigne chômage et la pauvreté des ouvriers laborieux.

Quant le Pape lui-même, dans le même journal se met de la partie sous prétexte de défendre la cause des Roms qui sont "expulsés"volontairement, n'est-il pas à coté de la plaque ? Ne ferait-il pas mieux, pour aider les miséreux de tous bords, de fustiger les nantis qui jouent avec la sueur des travailleurs pour se payer les "raffiots" de plusieurs dizaines de mètres de long qui grouillent dans les ports d'Antibes, Juans les pins et tous les ports du monde. Sur les quais desquels petits et grands richards se payent des anneaux dont le prix rendrait service à bien des Roms et leur éviterais leurs allers-retours rétribués.

Hélas, rien dans le discours du Saint Père ne fait allusion à cette disparité honteuse. Il se contente, sans le dire expressément, de faire, lui aussi, de l'anti-sarkozisme primaire. Comme si le pauvre Sarko, pieds et poings liés qu'il est, pour ou contre son gré, à la solde des profiteurs, pouvait à lui seul faire changer les choses. Sans parler de la critique de nos amis socialos qui, à sa place, seraient dans la même galère.

Et quant je parle des petits et grands richards et de leurs bateaux, il ne faut pas oublier les grosses bagnoles qui pourrissent la planète et les villas, grands et petits châteaux, dont le coût du seul entretien permettrait de faire rester au pays quantité de Roms

Le mot révolte est insuffisant quant il n'est que pensée. Ne devrait-on, pas avoir peur qu'il devienne révolution quant les peuples des pays émergeants prendront conscience de l'exploitation dont ils sont l'objet.

Prenons garde, bientôt il sera trop tard, et malgré les excès de tous genres qu'engendrent les révolutions (n'héritons-nous pas de 89 qui a coupé bien des têtes à tort et provoqué bien des malheurs immérités) je resterais du coté de ceux qui n'acceptent pas

 
  Aux armes citoyens ! A bas les privilèges !  
  21 avril 2010
 

Entendu il y a quelques temps aux infos du matin. En quelques minutes seulement, un flash !

La vente aux enchères de la collection d'un grand couturier décédé et de son ami aurait rapporté le somme de 373 millions d'euros.
Dont un tableau a atteint la somme  de 32 millions d'euros.
Et deux bustes en bronze 14 millions d'euros chacun.

Et cette autre annonce, moins spectaculaire, mais tout aussi édifiante :

Un producteur réalisateur et acteur a empoché la coquette somme de 28 millions d'euros en 2008.
L'acteur qui le suit, dont la renommée n'est plus à faire, moins chanceux n'a fait, paraît-il, que 3 millions d'euros

Vive la crise ! C'est la valse des millions !.

Quel fossé entre les manifestations contre la crise, la dégringolade du pouvoir d'achat, et ces millions qui coulent à gogo !!!

N'oublions pas que l'heureux acheteur qui fait l'acquisition d'un tableau de plusieurs millions d'euros paye en sus des frais en proportion !

Cette immorale et honteuse disproportion fait étrangement écho à ces quelques mots de MARAT, le révolutionnaire de 1789, à propos de la déclaration des droits de l'homme proposées alors : " Ce serait donc en faveur des seuls heureux du siècle que s'est opérée la glorieuse révolution… Mais qu'aurons-nous gagné à détruire l'aristocratie des nobles si elle est remplacée par l'aristocratie des riches ?"

Nos concitoyens révolutionnaires ont abolis les privilèges accordés par le Roi au dépend du peuple. Pour sanctionner cette victoire et sa "trahison" le Roi a été guillotiné.

Le temps n'est-il pas venu de clamer haut et fort, comme nos concitoyens révolutionnaires, "aux armes citoyens, formez vos bataillons …", de détrôner et mettre enfin hors d'état de nuire l'argent roi ?

Quelques chiffres :
Le montant de la vente est net, c'est l'acheteur qui paye les frais
Nous obtenons : 373 000 000 / 1037.53 (SMIC mensuel net)  = 395 507 mois de travail pour un smicard
Soit 395 507 / 12 = 32958 années de travail
A raison de 40 années de cotisation = 823 vies de labeur !!!

Comment est-il permis que des personnes, aussi doués par la nature et talentueuses soient-elles, puisent engranger et disposer de telles sommes ? Ce n'est peut-être plus le prix du pain et sa rareté qui est en jeu comme en 1789, mais c'est la capacité qu'a notre société de faire des riches et son incapacité à répartir équitablement les biens en ce monde qui justifient un changement radical de notre système de société basé sur le profit.

- "Aux armes Citoyens ! Cassons la machine à faire les riches !"

 
  Sur la répartition des richesses  
  15 avril 2010
 

Sur le plan humain, devant une situation planétaire qui s'aggrave de jour en jour, la réflexion sociale rejoint celle du philosophe, elle a le mérite de poser les vraies questions.

Force est de constater que, si nous avons fait des progrès dans le domaine social (congés payés, trente-cinq heures, minimum d'insertion etc.), sur le plan de la justice dans son sens large, de la répartition des richesses et du respect de la dignité humaine, nous avons régressé.

Le fossé entre riches et pauvres s'est agrandit.
Les richesses imméritées sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus grandes.
Par contre, dans tous les pays la pauvreté devient dramatique et des populations entières manquent des soins les plus élémentaires et continuent à souffrir de la faim chaque jour.

Pour qui est épris de respect pour la dignité humaine, quelque soit l'origine ou la couleur de la peau, l'étalage de la richesse dont nous gratifient largement les médias est chaque jour de plus en plus difficilement supportable. Aussi, la révolte qui grondait en moi adolescent, et qui sous-jacente m'a poursuivit tout au long de l'existence, a peine à se contenir devant cet immoral déballage de profit et les pernicieux appels à l'aumône.

Il m'arrive souvent de prendre des notes en écoutant la radio. Cette idée de publier les réflexions que m'inspirent les nouvelles aberrantes dont nous sommes abreuvés m'avait souvent effleuré, mais des proches à qui j'avais présenté mes écrits m'ont dissuadés de le faire car, soi-disant, j'enfonçais là des portes ouvertes. Personne n'ignorant ces travers de notre société.

Trop ! C'est trop ! J'estime que nul n'a le droit de demeurer indifférent et de se taire devant les injustices, les abus et la misère du monde. L'étalage insolent de richesses imméritées, chaque jour plus nombreuses, me rend hostile à toute forme de mendicité organisée. Les actions entreprises avec force battage publicitaire pour trouver de l'argent auprès du grand public et les aumônes sollicitées de toutes parts, même si les intentions sont louables, ne sont-elles pas de la mendicité organisée ? Il n'est de cesse ou nous soyons quêtés, riches ou pauvres sans distinction, par les médias ou le courrier, pour accorder notre aumône à la science ou aux nécessiteux.

Une société qui prône l'égalité et la fraternité devrait-elle permettre que d'un côté on dépense sans compter des millions d'euros, on gaspille même, alors que d'un autre on quémande quelques euros pour permettre à la science de vaincre les maladies et venir en aide aux nécessiteux ?

Quitte à passer pour un Don Quichotte et enfoncer des portes ouvertes, c'est armé de mon simple désir de justice que je vais tenter d'apporter ma contribution au combat que chacun doit mener, quel que soit son rang, contre l'injustice et la misère.

Un candidat à l'investiture présidentielle avaient déclaré vouloir "casser la machine à faire des pauvres !" au préalable ne serait-il pas bon de "casser la machine a faire des riches !" de façon à mieux répartir les biens de la planète ?

Dans un article publié sur mon site "parcours-passion.com" sous le titre "le sens de la vie 2" je conclus en disant : "Mais c'est là un vaste programme qui remet entièrement en question notre système de société basé sur la notion de profit".

L'étalage de ces fortunes démesurées et imméritées n'est pas sans influence sur le sens des valeurs notamment celle du travail. Il faut une force de caractère peu commune à des adolescents pour qu'ils acceptent de faire huit heures de travail payés au SMIC alors que les médias les abreuvent d'exemples de jeunes et de moins jeunes qui croulent sous le poids de fortunes qu'ils n'ont eu aucun mérite à acquérir, et qui s'agrandit de jour en jour sans qu'il n'aient aucun effort a fournir. Dans notre monde de profit, l'argent n'appelle-t-il pas l'argent ?

Il m'est souvent arrivé de comparer les revenus des grands patrons et des vedettes du showbiz ou du sport à celle d'un smicard. Je retrouve dans mes notes un exemple que j'avais entendu à la radio et qui m'avait frappé par sa monstruosité.

Note prise en 2007 : il s'agit d'une vedette américaine de cinéma. Son revenu annuel était annoncé pour une somme de 52 millions d'euros.

Un calcul très rapide me donnait la comparaison suivante :

  • Revenu mensuel de la vedette de cinéma : 4 333 333
  • Montant mensuel du SMIC : 1280.07 € brut soit 1005.37 net
  • Soit un revenu brut mensuel de 3 354 fois le SMIC

Pour la vedette de cinéma Comparaison du revenu horaire :

  • Pour 151 heures le tarif horaire du Smicard est de = 8.44 € brut
  • Pour la vedette de cinéma : 4 333 3333 / 151 = 28 957.00 € brut.

Aussi je suppose que même, après impôt, le reliquat n'est pas négligeable et dépasse le Smic de quelques coudées!!!

Dans une société qui se dit respectueuse des droits de l'homme et qui, par exemple pour la France, inscrit au fronton de ses mairies : "liberté, égalité, fraternité", comment une disparité aussi monstrueuse peut-elle exister ?

A la même époque, dans un autre ordre d'idées entendu encore à la radio :

Le tableau le plus cher du monde etait évalué à 140 millions de dollars soit au taux de change 100 millions d'euros !

La valeur de ce tableau représentait 82 ans de travail d'un Smicard

Comment peut-il exister sur cette terre, alors que tous les jours des gosses meurent de faim, des gens qui dépensent une telle somme pour avoir le privilège de suspendre ce tableau dans leur galerie personnelle ?

Difficile de faire des commentaires. Une société qui souffre de telles disparités qui s'amplifient de jour en jour, peut-elle revenir à un partage équitable des richesses communes à tous les habitants de la planète ?   Je ne pense pas que ce soit le pouvoir illusoire des hommes politiques qui le permettra.

Pourra-t-on un jour guérir la société de ce chancre qui la dévore ?

 
  Privilèges 2  
  21 février 2010
 

Travailler plus pour gagner plus, tel est le slogan qui a été un des arguments principal d'une certaine campagne politique. Alors que le chômage s'intensifie de jour en jour, on ne peut pas dire que ce slogan puisse satisfaire l'ensemble les citoyens.

D'accord pour donner la liberté à ceux qui ont la chance d'avoir un emploi et leur permettre de travailler plus. Mais aujourd'hui, ne doit-on pas considérer comme un privilège d'avoir un emploi ?

Il faut se rendre à l'évidence, dans notre système économique et social actuel il ne peut y avoir du travail pour tous. Avec la progression du tout numérique, chaque jour cette situation s'amplifie. Avoir une situation stable deviendra un privilège de plus en plus grand. Comment ne pas être navré et révoltés de voir nos gouvernants et fonctionnaires concernés faire des frais faramineux pour facilité la recherche d'emplois qui n'existent pas. Nos dirigeants sont carrément "à coté de la plaque"

Le travail doit être à la portée de tous. Il ne s'agit pas de travailler plus pour gagner plus, il faut travailler moins et gagner plus. C'est ce que l'on appelle le partage du temps de travail et de la richesse.

Il faut se faire une raison. Nous devons changer notre système économique et financier. Il faut faire la guerre aux richesses imméritées obtenues grâce à l'argent Roi et aux jeux du hasard. Nous aurons beau changer de gouvernement. Rien n'y fera, la politique est impuissante pour établir un nouveau système de société, où l'égalité des chance et le partage des richesses soient une réalité.

Que faudra-t-il faire pour vaincre l'argent Roi et l'exploitation des ouvriers dans les pays émergeants ? Le problème est mondial. Il faut changer nos institutions mais pour ce faire, il faut changer l'homme… Et là, c'est une autre paire de manche, car nous sommes tous des profiteurs en puissance.

Dans notre monde de profit et de jouissance, il faut une sacrée dose de bonne volonté et de caractère pour devenir intègre et retrouver de vraies valeurs créatrices de justice et de respect de l'autre.

Un de mes petits enfants me disait, en parlant philosophie : c'est la société qui rend l'homme mauvais. Mais qui compose et fait la société sinon l'homme ?

Faudra-t-il recommencer 1789 et passer sous le couperet tous les exploiteurs économiques et financiers et abolir les nouveaux privilèges… ?

  Privilèges 1  
  13 février 2010
 

La révolution de 1789 à abolit les privilèges établis par la monarchie. La république a aboli ces privilèges et prit pour devise : liberté - égalité -  fraternité. Force est de constater que si la république a aboli les privilèges de la monarchie elle en a établi de nouveaux.
 
Le privilège du fonctionnaire en est un : la sécurité et la grande garantie du travail à vie.

À l'heure actuelle où le chômage fait des ravages dans le secteur privé n'est-ce pas un privilège d'avoir la garantie absolue de l'emploi. Sur les ondes on nous dit qu'il est fortement question de licencier un fonctionnaire dans des conditions extrêmes. Levées de boucliers ! Le fonctionnaire fait partie de la fonction publique il est au service de l'État, pas question de le licencier.

À quel titre le service de l'État peut-il justifier un emploi à vie ? Personnellement je ne vois aucun argument qui puisse le soutenir. Le risque de licenciement n'est-il pas au contraire l'aiguillon qui incite la personne a donner le meilleur d'elle-même ? il est humain que celui qui est confortablement établi dans une situation acquise jusqu'à l'heure de la retraite puisse digérer difficilement un risque de licenciement.

Si un emploi dans la fonction publique ne justifie pas, par des raisons valables, la garantie d'une telle stabilité, le statut de fonctionnaire est un privilège condamnable au même titre que celui de la noblesse.

Peut-on me contredire ? La question est posée. Nous sommes au XXIe siècle, il serait temps de mettre en pratique les devises de la république et d'adapter la société aux conditions de vie actuelle

 
  Sur la liberté  
  10 août 2007
 

Dans un précédent écrit au sujet du sens de la vie j'ai parlé de la liberté dont jouit chaque être humain. La remarque suivante m'a été faite :

"la liberté est très discutable et nul n'a la réponse absolue ( pouvoir scientifique) du pourcentage exact de notre liberté par rapport à notre conditionnement"

Si nous la considérons dans son sens civique, politique et des possibilités que nous donne la société dans l'accomplissement de nos actes de citoyens et dans la jouissance des biens matériels, la liberté est très discutable en effet. Dans le sens où je tente de l'aborder, elle va bien au-delà de celle déterminée par notre conditionnement, au-delà de toutes considérations purement matérielles ou relationnelles et de celles d'un ego qui se sent brimé dans son désir d'occuper la place qu'il souhaiterait dans la société.

Tant le degré de liberté que la société réserve à l'individu que celui qu'il apporte à sa liberté intérieure, ne peuvent effectivement se mesurer en pourcentage. Cependant, selon moi, dans la mesure où elle dépend uniquement de la conscience que l’être humain en a, du fait qu’il en soit le seul maître et qu'elle soit infiniment perfectible, seule sa liberté intérieure peut tendre vers l'absolu

Parler de liberté, c'est aborder un très vaste sujet. Dans mon texte je cite une phrase de Valery, qui décrit fort bien la multiplicité déconcertante de l'emploi du mot liberté.

Celle dont j'ai pris conscience, très tardivement d'ailleurs, et dont je fais état, c'est notre liberté d'être, de penser, de vivre pleinement le Soi en dehors de toute contrainte extérieure.

G.-T. RAYNAL, Hist. philosophique, XI, XXIV.
"La liberté est la propriété de soi; on distingue trois sortes de libertés : la liberté naturelle, la liberté civile, la liberté politique; c'est-à-dire la liberté de l'homme".

Définition du dictionnaire :
"État d'indépendance*, d'autonomie* par rapport aux causes extérieures; absence, suppression ou affaiblissement d'une contrainte".

C'est un sujet qui m'est cher. Hors celle qui nous est accordée physiquement et matériellement dans la société où nous vivons "liberté civile et liberté politique ", les combats que j'ai menés depuis mon enfance jusqu'à la cession de mon entreprise, l'enthousiasme qui les a toujours animés ne m'avait jamais amené à me poser la question de la notion de liberté sous l'angle du Soi,

Ce sont les déboires et les souffrances morales qui ont été les miennes à la suite de la cession de mon entreprise qui m'ont révélé ce que pouvait être cette liberté. C'est par le travail que j'ai entrepris sur la recherche du soi et notamment au cours d'une séance de sophrologie en groupe, que j'ai compris le sens qui pouvait être donné au mot liberté.

Au cours de cette séance, il nous avait été demandé de faire une réflexion sur le mot liberté et de dire ce qu'il avait éveillé en nous. Ce fut pour moi une véritable révélation. Il m'est apparu que, si la situation nouvelle dans laquelle je me trouvais depuis la cession de mon entreprise m'avait plongé dans un autre monde où l'on m'avait enlevé les libertés de créer et d'agir qui avaient été miennes auparavant, par contre, j'en possédais une autre beaucoup plus précieuse : ma liberté intérieure. Ce fut comme une libération. Je découvrais une conscience d'être, d'agir et de devenir que je n'avais jamais connue auparavant dans mon combat contre mes accusateurs, contre l'aveuglement de la justice des hommes, ni dans celui que je menais pour la construction du Soi, entre autres, Par la sophrologie, j'éprouvais soudain une sensation d'épanouissement infini de ma liberté intérieure. Nul ne pouvait atteindre cette liberté d'être et d'accomplissement du Soi qui me donnait foi en la vie.

Pour chaque être humain la vraie liberté réside dans la possibilité qu'il a de choisir, de créer et devenir. Par rapport à tous les êtres vivants, cette liberté le distingue par la conscience qu'il en a, par sa perfectibilité et par sa capacité d'en user en tant que valeur.

Dans un précédent article j'ai écrit :

"Pour chaque être humain, la faculté qu'il possède de choisir, créer et devenir est perfectible. C'est cette perfectibilité qui donne un sens à la vie. Cette faculté de perfectibilité s’appelle aussi « liberté"....

Et encore :

"Existentiellement, l'être humain n'est pas une " valeur ". Il est la vie, avec toute la capacité d’être qu’elle lui offre. Il est, ici bas, le seul être disposant d’un potentiel de valeurs en devenir, capable de les incarner et d'en être conscient".


La liberté en tant que valeur.

La liberté est une de ces valeurs. Elle l'est par le sens qu'on lui donne.

Peut-être cette notion de liberté, élevée au rang de valeur n'est-elle consciente que dans l'adversité, lorsque qu'atteinte est portée à notre dignité ?

Quoi qu'il en soit, elle est valeur à la mesure de la conscience du Soi, de celle du respect du sacré et de la foi en la vie qui nous habite.

Cette conscience de liberté se mérite par la connaissance et le savoir de gérer notre dualité.

Malraux, les Voix du silence
"(…) les hommes assouvissent leurs goûts, et sont voués à leurs valeurs (…) Les vraies sont celles pour lesquelles ils acceptent la misère, la dérision et parfois la mort."

L'acceptation de notre fragilité de mortel, notre dérision de l'avoir; la soif de vérité, de compassion et d'amour de l'autre, ne donnent-ils pas sa dimension à la conscience que nous avons de notre liberté d'être en tant que valeur, d'exister et d'accepter quelle que soit l'adversité ?

Je cite une définition de l'encyclopédie :

"la suprême valeur n'est-elle pas la liberté, puisque c'est elle qui nous permet de choisir entre les autres valeurs ? Effectivement, toute une philosophie des valeurs s'est fondée sur la liberté du sujet, et Sartre a même été jusqu'à soutenir qu'en dehors de l'engagement du sujet qui les choisit, les valeurs n'existent pas"


Quelques citations sur le mot liberté.

MONTESQUIEU, Cahiers :
"La liberté, ce bien qui fait jouir des autres biens." .

JAURES, Hist. Socialiste :
"Le premier des droits de l'homme c'est la liberté individuelle, la liberté de la propriété, la liberté de la pensée, la liberté du travail." .

DESCARTES, Lettre au P. Mesland, 2 mai 1644.
"Puisque vous ne mettez pas la liberté dans l'indifférence précisément, mais dans une puissance réelle et positive de se déterminer, il n'y a de différence entre nos opinions que pour le nom, car j'avoue que cette puissance est en la volonté."

VOLTAIRE, Correspondance avec le roi de Prusse, 32, oct. 1737
"J'appelle liberté le pouvoir de penser à une chose ou de n'y pas penser, de se mouvoir ou de ne se mouvoir pas, conformément au choix de son propre esprit."

SARTRE, Situations III, p. 196-197.
"Les prophètes n'ont jamais manqué, qui lui ont (au révolutionnaire) annoncé qu'il était libre : et c'était chaque fois pour le duper. La liberté stoïcienne, la liberté chrétienne, la liberté bergsonienne, n'ont fait que consolider ses chaînes en les lui cachant. Elles se réduisaient toutes à une certaine liberté intérieure que l'homme pourrait conserver en n'importe quelle situation. Cette liberté intérieure est une pure mystification idéaliste : on se garde bien de la présenter comme la condition nécessaire de l'acte. En vérité elle est pure jouissance d'elle-même. Si Épictète, dans les chaînes ne se révolte pas, c'est qu'il se sent libre, c'est qu'il jouit de sa liberté. Dès lors, un état en vaut un autre (…) pourquoi vouloir changer ? Dans le fond, cette liberté se réduit à une affirmation plus ou moins claire de l'autonomie de la pensée".

VALERY, Regards sur le monde actuel, Fluctuations sur la liberté.
"LIBERTE : c'est un de ces détestables mots qui ont plus de valeur que de sens; qui chantent plus qu'ils ne parlent; qui demandent plus qu'ils ne répondent; de ces mots qui ont fait tous les métiers, et desquels la mémoire est barbouillée de théologie, de Métaphysique, de Morale et de Politique; mots très bons pour la controverse, la dialectique, l'éloquence; aussi propres aux analyses illusoires et aux subtilités infinies qu'aux fins de phrases qui déchaînent le tonnerre."

Le mot liberté, suivant l'emploi que l'on en fait, peut certes paraître détestable. il est tellement bafoué dans le sens de la liberté civile, celle dont on se gorge, dont on parle à tort et à travers et qu'accorde la société, qu'il peut parfois sembler illusoire.

Mais ne peut-on pas dire justement que ce mot, considéré sur le plan de notre liberté intérieure, prend son sens à la mesure de la valeur que nous lui accordons dans notre cheminement vers la conscience du Soi ?

Pour celui qui sait écouter son chant, n’est-il pas source de joie et d'apaisement dans ce qui pourrait sembler malheur et désespoir ?

La liberté intérieure demande en effet plus qu'elle ne répond. Assurément, pour en avoir conscience, en user et pour conserver la foi en devenir malgré les embûches, elle demande un persévérant travail sur Soi; La liberté intérieure ne nous est pas donnée gratuitement, elle se mérite.

Employé dans un autre sens, le mot qui la désigne signifie effectivement souvent l'illusoire et la pure dialectique, mais il n'a alors rien de commun avec la liberté d'être Soi.

De cette citation de VALERY, je retiendrai que la liberté peut être tout et n'être rien. Pouvant être tout, c'est ce qui m'importe et me conforte dans la notion que j'ai de la liberté d'être et d'exister. Elle est pour moi source d'énergie, et, rejoignant ainsi MALRAUX cité précédemment, c'est ce qui fait ma force quelle que soit l'adversité,.

Seule une souffrance physique intense peut nous faire perdre cette notion de liberté; c'est le tribut de tout être humain car cette souffrance peut diminuer sa conscience d'être, d'exister et d'agir.


Réflexions sur des définitions de l'encyclopédie sur la liberté

La liberté dans son sens absolu

" L'humanisme (position philosophique qui reconnaît l'homme comme valeur suprême) définit l'homme par sa liberté radicale, par l'invention de soi. Absolument isolé dans sa parfaite insularité, l'homme est son propre absolu par sa toute indépendance…, il échappe aux prises du discours et demeure étranger à ce qui n'est pas lui. Il est vrai que l'homme est multiple et que chacun diffère de chacun".

Toutefois, la liberté dans son sens absolu comme l'entend l'humanisme peut-être considérée comme négative. Vue en tant que valeur elle ne peut être un repli sur soi. Tout au contraire elle doit permettre l'affirmation du Soi dans un sens positif d'intégration de l'individu dans la société

Conscience et liberté

"on peut bien dire qu'être conscient, c'est disposer vraiment d'un modèle personnel de son monde grâce auquel chacun choisit le chemin de sa liberté. La psychopathologie, en tant que pathologie de la liberté, démontre d'ailleurs, s'il en était besoin, que l'homme aliéné, par les diverses modalités de l'inconscient, révèle en quelque sorte ce qu'est l'être conscient et organisé dans la plénitude de son être. Supprimer l'être conscient et ses valeurs, c'est opérer un nivellement général de toute l'humanité ; tenir l'être conscient pour ce qu'il est dans l'architectonique de l'être vivant et dans l'organisation de la personne humaine, c'est faire apparaître toutes les valeurs existentielles qu'il a pour fonction d'ordonner".

Il ressort de ce texte l'importance de la conscience que l'homme peut avoir de sa liberté en tant que valeur. Mais n'oublions pas que cette conscience n'est ni innée ni spontanée, elle résulte d'un travail sur la recherche du Soi et de l'existence de l’ Être qui permettent d'avoir conscience et de cultiver sa liberté intérieure pour l'assumer, marquer son unicité et en même temps contribuer à faire respecter la liberté sous toutes ses formes dans la société.

L'être conscient

"L'exposition des structures et de l'organisation de l'être conscient l'expriment pour ce qu'il est : l'ordre qui le constitue comme sujet de son monde et l'ordre que ce même sujet impose à son monde. Que cet ordre ne soit pas celui d'une sorte de despotisme, c'est bien ce qui est suggéré par l'organisation même du pouvoir de l'être conscient, lequel ne peut jamais se rendre maître absolu de son inconscient. Il n'en reste pas moins que « ordonnance » de son architectonique ou de son autorité, sa fonction est - comme celle du système nerveux - d'assurer son autonomie (sa liberté) par sa capacité d'intégration (son pouvoir d'auto construction et d'autorégulation)"

Cette citation rejoint la précédente en ce sens que l'usage de sa liberté intérieure nécessite un être conscient., et que la conscience d'être est infiniment perfectible.

A propos de ce que dit jean Paul Sartre de la liberté :

"Dans le contre-courant du marxisme et de la psychanalyse, il ressort que la liberté est encore opérante, que l'existence est une tâche et que l'homme, par cette liberté peut toujours choisir sa vie à quelque degré de l'échelle sociale où il se trouve"


Je terminerai par cette citation qui pour moi est la définition même de la notion de liberté que, pour mon bonheur, j'ai découvert dans l'adversité sur le tard de ma vie.

MONTAIGNE, Essais, I, XX
"Elle (l'âme) est rendue maîtresse de ses passions et concupiscences, maîtresse (…) de toutes autres injures de fortune (…) c'est ici la vraie et souveraine liberté, qui nous donne de quoi faire la figue à la force et à l'injustice, et nous moquer des prisons et des fers (…)"

 
  A propos du sens de la vie - 2  
  20 juillet 2007
 

 Pour simplifier la rédaction de ce deuxième article en réponse aux remarques faites sur mon poème « la prière », je crois plus simple de m’adresser directement à ma correspondante en citant ses remarques sur mon texte.

 Bonjour X….

Bien reçu en son temps tes réflexions au sujet de mon texte sur le sens de la vie. Je crains que nous nous engagions là dans une discussion philosophique qui dépasse mes capacités. Néanmoins tes remarques sont très intéressantes et m’interpellent. Avec mon point de vue résultant seulement d’une expérience personnelle vécue, et du travail de recherche et de spéculation intellectuelle passionnant qu’elles m’ont amenés à faire, je vais tenter d'y répondre, car elles méritent de s’y attarder.

Dans la mesure ou tu sembles mettre en doute l’importance des valeurs dans la vie de l’individu, je pense qu’en premier lieu l’important est de définir ce que l’on peut entendre par valeur

Sur la notion de valeur

Dans la première version de mon poème sur la prière avant de le mettre en ligne, je disais :

Oublie ce Dieu qui se meurt
Crois en l'homme !
Aie foi en la puissance de son esprit et de son cœur

Tu m’as fait cette remarque :

"Crois en l'homme" là par contre, oui et non... N'est-ce pas fatuité et est-ce là la vraie question ?
Moi je dirais que "crois que tu vis, et que tu es conscience"
Croire en l'homme n'est-ce pas lui attribuer une valeur et il faut sortir du thème de la valeur. Aucune importance la valeur ! (?)

Dans le souci d'être mieux compris, j'ai crus raisonnable d'en tenir compte et j'ai modifié ces vers comme suit :

Oublie ce Dieu qui se meurt !
Crois en la vie, au privilège d'exister
Aie foi au pouvoir de ton esprit et de ton coeur

Bien qu’ainsi modifiés je leur conserve le la même signification

En disant "crois en l'homme" je veux simplement affirmer que, à la mesure de sa nature existentielle et de ses capacités physiques, intellectuelles et spirituelles, il a la force de se grandir, de s'épanouir, de se respecter, de respecter l’autre et de donner un sens à sa vie sans avoir recours à une croyance en un au-delà supposé.

Je ne veux pas dire qu'il faut croire en l'homme en tant que valeur. C'est d'ailleurs ce qui a justifié ma correction : "crois en la vie, au privilège d'exister". Existentiellement, l'être humain n'est pas une " valeur ". Il est la vie, avec toute la capacité d’être qu’elle lui offre. Il est, ici bas, le seul être disposant d’un potentiel de valeurs en devenir, capable de les incarner et d'en être conscient.

Quant à traiter cette croyance en l'homme de fatuité, loin de moi l'idée d’y voir et d’en faire la recherche d’une satisfaction de soi-même. Tout au contraire, croire en l'homme, c'est lui attribuer la possibilité de développer en lui des vertus basées sur des valeurs. Et par ces valeurs, donner un sens à la vie dans son universalité et non dans son individualité

Il est évident que la notion de valeur peut donner lieu à différentes interprétations.

La définition basique est cependant significative de la notion de valeur dans le sens de l'épanouissement de l'être humain :

"Ce en quoi une personne est digne d'estime au regard des qualités que l'on souhaite à l'homme dans le domaine moral intellectuel professionnel"

En dehors de toute idéologie, conceptions religieuses ou philosophiques, il ne peut être nié qu'il y a en chaque individu, à sa disposition, une capacité à orienter son existence dans un sens ou dans un autre, de choisir entre le bien et le mal. C'est la société et le milieu dans lesquels il vit qui l’aidera ou non, par les moyens mis à sa disposition et l’éducation q’il aura reçu, à orienter ses capacités de développer sa conscience d'exister vers l'une ou l'autre des tendances de sa nature. Les bases sur lesquelles reposeront ses capacités d'exister seront alors définies sous forme de valeur.

  • Peut-on nier "l'amour" ?. N'est-ce pas là une valeur Universelle et n'a-t-elle pas son contraire " la haine" ?
  • Peut-on nier "la tolérance" ? N'est-ce pas là une valeur qui devrait être universelle et n'a-t-elle pas sans contraire "l’intolérance ".
  • Peut-on nier "la charité" ? N’est-ce pas la une valeur chrétienne, n'a-t-elle pas ses contraire, entre autres, "égoïsme et misanthropie " ?
  • Peut-on nier " la compassion" ? N'est-ce pas là une valeur essentielle chez les bouddhistes. N'a-t-elle pas ses contraires, entre autres, "indifférence, cruauté et insensibilité" ?

La République elle-même est basée sur des valeurs : "liberté, égalité, fraternité". Et, bien que leurs incarnations soient très discutables, en théorie, elles sont censées l'être dans et par chaque citoyen.

De nombreuses interprétations peuvent être faites de cette notion de valeur. Les encyclopédies et dictionnaires foisonnent des définitions et de citations plus ou moins divergentes selon leurs sources philosophiques. De nombreux ouvrages ont été écrits sur ce sujet et, que ce soit les autorités politiques ou religieuses, toutes basent leur doctrine et leur action sur des notions de valeur. Même nos politiciens, aujourd’hui, basent leur profession de foi sur le respect et le retour aux valeurs...

Les notions de valeur sont évidemment dépendantes du milieu, des croyances et du mode de société

Peut-on alors adhérer à ce que tu déclares :

" Croire en l'homme n'est-ce pas lui attribué une valeur et il faut sortir du thème de la valeur. Aucune importance la valeur ! (?)"

Tout au contraire, dans notre société contemporaine, qui a subi en quelques années une transformation littérale dans les relations humaines et les modes de vie, et qui a découvert une nouvelle conception de nos origines et de l'existence, la notion des valeurs prend non seulement une importance primordiale, mais, dans le monde de profits, de concupiscence, de violence, d'intégrisme et d'intolérance qui est le nôtre, il faut leur redonner un sens nouveau qui doit correspondre à notre vie d'aujourd'hui en conservant l’essence même de chaque existence humaine hors de toute implication religieuse et philosophique : son caractère sacré.

Je dirais donc, plus que jamais, que croire en l'homme, en sa capacité d'être en fonction de "ses valeurs" potentielles (et non croire en "sa valeur" ce qui pourrait être considérée comme fatuité) est le seul moyen de donner enfin un sens à la vie.

A propos de la notion d’absolu et du sacré.

Tu déclares :

" La vie ne me semble avoir de Sens Absolu que dans un cadre de religion ou de sacré "

Pour ce qui est de la notion d'absolu dans le cadre nécessaire d'une religion :

Avec nos connaissances et ce que nous révèle la science aujourd'hui peut-on dire que l'existence ici-bas ne peut avoir de sens absolu que dans une conception religieuse ou philosophique d’un au-delà ? Ce n'est pas mon sentiment. Dans un passage de ta lettre tu déclares que mes arguments laissent penser « l'athéisme comme évident et sûr, voir vieillot ». Il n’est aucunement question pour moi de parler d'athéisme. Rien ne peut me prouver ni m’infirmer l’existence d’un créateur, dieu des hommes. Bien que la science rejette aujourd’hui toute idée de création dans le sens où l’entend la religion Chrétienne, je ne puis nier formellement l’existence de Dieu. Je me permets simplement de ne pas me poser la question et de croire avant tout en l’homme. Je ne me considère pas comme un athée mais comme un agnostique.

Par la capacité et la liberté de choisir et d’exister qu’a l’être humain et par les « valeurs » qu’il fera siennes, la vie peut avoir un sens absolu sans croyance en Dieu et en un au-delà après la mort, ni à une puissance suprême ou une réincarnation.

Elle peut parfaitement, hors toutes croyances religieuses, avoir un sens absolu par le développement de notre conscience d’exister, et notre capacité d'être et de devenir par le pouvoir de perfectibilité qui nous permet de tendre à l’absolu.. Quant à dire que nous l’atteindrons … Tout au moins vivons-nous dans ce sens !

Parmi les définitions données par le dictionnaire du mot absolu deux rejoignent l’existence d’un absolu sans intervention divine, mais seulement à notre dimension humaine :

1. Qui ne comporte aucune restriction ni réserve.
2. Parfait; aussi parfait qu'on peut l'imaginer

1 - Pour la première définition je dirais que dans un sens absolu, la beauté, la compassion, l'amour du bien de soi et des autres, même sans croyance en Dieu, ne comportent aucune restriction ni réserve. Il est bien évident que nous pratiquons ces valeurs à notre mesure avec nos imperfections mais il n'empêche pas moins que c'est vers cet absolu que nous devons tendre sans compromis. Ceci excluant le cadre d’un intégrisme qui conditionne l’individu.

2 - Pour la deuxième définition elle correspond parfaitement à la théorie de la volonté de puissance de Nietzsche que j’ai citée dans mon précédent écrit. L'absolu du sens de l'existence étant la démarche qui tend vers la perfection de l'épanouissement de toute personne.

Pour conclure, je pense que la notion d'absolu n'est aucunement dépendante de la croyance en Dieu. Le travail sur Soi que je pratique quotidiennement va dans le sens de la perfectibilité que j’ai de l’existence sans pour autant être guidé par une croyance religieuse. C’est d’ailleurs pour cela et par expérience que je dis que je crois en l’homme.

Pour ce qui est de la notion d'absolu dans le cadre nécessaire du sacré :

Le sens du sacré n'est pas obligatoirement rattaché à une religion ou a une idée philosophique d'un au-delà de notre vie de mortel.

Le dictionnaire donne cette définition du sacré :

" (1640, dans un sens moral plus que religieux). Qui est digne d'un respect absolu, qui a un caractère de valeur absolue "

Je citerai aussi un texte de Roger Gaillois :

" Est sacré l'être, la chose ou l'idée à quoi l'homme suspend toute sa conduite, ce qu'il n'accepte pas de mettre en discussion, de voir bafouer ou plaisanter, ce qu'il ne renierait ni ne trahirait à aucun prix "

La capacité, infiniment perfectible, qu’a l’être humain d'être et d'exister en fonction des valeurs basées sur l’amour dans son sens le plus large - amour de Soi et des autres, esprit de justice et volonté de « faire bien » tout ce qu’il fait - donne un caractère sacré à la vie hors croyances religieuses ou philosophiques quelconques.

Le sacré n’est pas non plus seulement une notion personnelle dans le sens de ce qui nous est cher et important pour chacun. Le sacré découle de la perception que nous avons des valeurs immanentes de l’existence, du respect de la vie, de la création toute entière et de toute œuvre qui mérite une considération hors du commun.

Le cadeau qu’est la vie existe hors la croyance en une religion. Il est cependant sacré.

A propos de ce qu’est la mort, et en fonction de celle-ci, du sens à donner à la vie ou du but à atteindre.

Tu déclares :

"Il n'y a ni Dieu, ni sacré, ni prolongement après la mort d'une oeuvre commencée en cette vie. Si nous mourrons aussi radicalement qu'un lapin, il n'y a pas de sens à la vie autre que celui, personnel, que je vais lui donner. À ce moment-là, ce n'est pas vraiment un sens que je vais donner à ma vie mais un but (qui sera sens pour moi)"

Il est évident que la croyance en une suite après la mort, paradis ou réincarnation peut donner un sens à la vie et à la mort elle-même. La vie ici-bas n’est dans ce cas considérée que comme un passage préparatoire à un au-delà consolatoire ou à une renaissance selon son mérite. Donc, à un but à atteindre.

En l’absence de toute idée de Dieu ou de théorie philosophique de renaissance et sans autre notion de sens absolu de l’existence, la mort peut en effet être envisagée comme tragique, injuste et douloureuse et la vie considérée comme absurde et sans aucun sens. Cependant, même en l’absence de toute croyance, la mort d’un être humain ne peut être comparée à celle d’un animal. Un agnostique, si, comme je l’ai prétendu dans précédent mon écrit, sait donner un sens à la vie, peut avoir en toute conscience la mort qu’il mérite et qu’il accepte comme terme inéluctable de toute existence. Nous rejoignons là le sens d’absolu d’une vie sans croyance religieuse ou philosophique en un au-delà. Le sens de la vie étant alors de toujours aller dans le sens du perfectible, de l’absolu et par la à la préparation et à l’acceptation de la mort, aboutissement de toute vie. Privilège, prise de conscience et perceptivité, dont ne dispose pas l’animal.

Dans Terre des hommes Saint-Exupéry déclare :

"(…) ce qui donne un sens à la vie donne un sens à la mort."

Quant à réduire le sens de la vie à un simple but, je pense qu’il y a un monde entre les deux. J’ai déjà parlé longuement de ma conception du sens de la vie, et dans la mesure ou nous vivons en communauté, il n’a rien de personnel. Le sens de la vie va bien au-delà du simple ego. Il procède des valeurs immanentes dont nous sommes tous potentiellement détenteurs et il est vécu en étroite communion dans son universalité avec les êtres et le monde qui nous entourent.

D’ailleurs, l’écologie intelligente respectueuse de l’équilibre de la nature, parce que source de vie, peut être considérée comme une valeur qui va dans le sens de l’absolu. Elle est une valeur partagée universelle, et non une recherche d’un accomplissement personnel de l’égo.

Il y a une distinction à faire entre sens et but. Le sens, celui de l’existence, est l’objet et le résultat d’une réflexion qui vise à la mise en pratique et la perfectibilité de nos valeurs immanentes. Le sens en lui-même est immatériel. Il inspire nos actes mais il n’en est pas l’auteur.

Définition du dictionnaire :

"Idée intelligible à laquelle un objet de pensée peut être rapporté et qui sert à expliquer, à justifier son existence".

Je reprends ce qu’a dit Saint Exupéry

 "(…) ce qui donne un sens à la vie donne un sens à la mort"

Dans situations Sartre déclare :

J'ai dit que j'aime; voilà la promesse. À présent, il faut que je me sacrifie pour que par moi le mot d'amour prenne un sens, pour qu'il y ait de l'amour sur terre"

Dansle Mythe de Sisyphe Camus déclare :

"Pour lui aussi (Kierkegaard), l'antinomie et le paradoxe deviennent critères religieux. Ainsi cela même qui faisait désespérer du sens et de la profondeur de cette vie lui donne maintenant sa vérité et sa clarté."

Quant à la notion de but,

Définitions du dictionnaire ::

1. Point visé, objectif.
2. Point que l'on se propose d'atteindre
3. Fig. Ce que l'on se propose d'atteindre; ce à quoi l'on tente de parvenir
4. Le but de l'existence, de la vie.

Partant de là, tout au contraire de ce que tu affirmes, si une existence toute entière devait être vécue dans un but déterminé, cette perspective se justifierait alors dans le cadre d'une croyance en un au-delà. En effet le but à atteindre serait de mériter, par ce qu’aura été sa vie, la récompense d’une vie nouvelle, soit au paradis des justes, soit dans une réincarnation récompensante.

Pour un agnostique, la vie a philosophiquement un sens en fonction des valeurs immanentes. La mort n’ayant pour lui aucune suite prouvée elle ne peut être le but de la vie. Il peut avoir des buts multiples. Ce sont des objectifs qu’il se fixe, éventuellement en fonction du sens qu’il donne à sa vie. Ils sont des paliers qui permettent d’atteindre des étapes données Mais ils trouvent leur fin ici bas en cours de vie.

Alors que pour le croyant le but est de mener une vie méritoire susceptible de lui accorder le salut.

Je pense que la volonté de puissance selon Nietzsche, et c’est ainsi que je la comprends, c’est le désir profond d'une intensité maximum de vie non dans le sens d’un but seulement personnel mais tout au contraire, vers la perfection de l'épanouissement de toute personne dans son universalité avec tous les êtres dans une communauté de vie et d’esprit.

La vie peut-elle être considérée comme éphémère

Tu dis : “que tu ne pourrais critiquer celui qui dit que la vie est absurde et sans sens” et tu déclares : "tout au plus pourrais-je dire "dommage" pour lui, qu'il n’ait pas surmonté l'éphémère de la vie par un but"

Peut-on considérer la vie comme éphémère ? Si nous la mesurons par rapport à l'infini des temps, elle peut en effet être considérée comme telle. Je dirais même qu'une vie considérée dans ce sens a une infime durée, elle n’est que poussière. Et cependant que de richesse n'amassons nous pas au fil des ans.

Les jours considérés individuellement pourraient certes être considérés comme éphémères. Chaque nuit un jour cesse, chaque matin un autre recommence. Mais, à la mesure de ce que la vie met à notre disposition : possibilité d’être et devenir, d’aimer et de créer, et de ce qu’il nous est possible d’accomplir au fil d’une seule journée, ils forment un tout et une somme d’énergie qui ne peut être considéré comme éphémère

En tant qu’êtres finis matériellement, ne nous comparons pas à l'infini du temps. Gardons notre dimension. Considérons qu' y il y a les jours passés, le jour présent et les jours à venir. L'ensemble forme une existence qui a beaucoup de poids. Une existence qui, jusqu’à son terme, peut être en constant devenir dans la mesure ou, sans trêve, pierre par pierre nous la construisons. Chaque jour, chaque moment présent a le poids que nous voulons bien lui donner ou subir. Ce poids vient s'ajouter à celui des jours passés, il s'ajoutera à celui de demain et des jours à venir.

Chaque matin qui se lève nous offre la possibilité, si nous le voulons, de faire de la journée qui vient une partie de notre œuvre de vie, de créer une ou des pierres que nous ajoutons à notre édifice.

Ces pierres que nous amassons jour après jour et qui forment notre édifice de vie peuvent-elles être considérées comme choses éphémères ? N'en reste-t-il rien ? La mort met certes fin à notre existence terrestre mais n'en restera-t-il rien après notre départ, notre vie aura-t-elle été inutile ? Ne laisserons-nous pas derrière nous la famille que nous avons créée, leurs descendants, ceux que nous avons côtoyés et avec lesquels nous avons œuvré, ce que nous avons entrepris et réalisé. N’est-ce pas là le prolongement de notre existence ?

Les oeuvres que nous avons créés, les enseignements que nous avons donnés, les partages que nous avons faits, tous ces fruits nés de notre passage ici-bas demeureront des témoignages et des résultats de ce que nous avons vécu. Ils perdureront, même à leur insu, chez tous les êtres qui ont pu en tirer bénéfice.

Toi-même, par ton travail ne laisseras-tu pas une partie de toi-même par l'enseignement que tu auras donné aux enfants de tes classes. Peux-tu dire que ta vie aura été éphémère ? Elle aura des prolongements dont la mesure est indéfinissable.

Elle peut effectivement sembler éphémère pour celui qui ne croit pas en lui et en sa capacité d’être. Celui auquel n’a pas été donné la notion du potentiel d’amour et de créer qui est en lui. Ne serait-ce pas justement ce qu’il faudrait pouvoir enseigner aux enfants : la confiance et la foi en la vie dans l’être et non dans l’avoir. Que chaque instant qui passe, aussi bref soit-il est un grain de vie que nous devons précieusement cultiver. Et surtout qu’il faut savoir accepter que la moisson ne soit pas toujours bonne et malgré cela persévérer.

Le sens à donner à notre vie, n'est-il pas justement d'œuvrer pour que toutes ces pierres avec lesquelles, jour après jour, nous construisons notre édifice, en fassent une œuvre accomplie en toute conscience au mieux de notre savoir et de nos capacités. Ainsi, à la fin de notre séjour ici-bas, peut-être aurons-nous acquis la sagesse et la sérénité nécessaire pour partir sans regret avec la satisfaction d'avoir réussi notre vie et en accepterons-nous le terme sans avoir à attendre d'un au-delà.

La vie nous est donnée

Lorsque je déclare que "la vie nous est donnée", cette phrase te dérange et tu précises :

 il y a Dieu, ou quelque "principes agissant" , la vie nous est donnée par lui.
Sinon, la vie nous est-elle donnée ?
Ou bien : nous sommes la vie ?
La vie, c'est nous. Ce n'est pas un décor sur lequel se déroulent nos actes ?

La vie d’un être humain a son origine dans la fécondation de l'ovule. Antérieurement nous ne sommes rien. Le spermatozoïde et l'ovule pris séparément sont certainement les éléments originels de la vie humaine mais ils ne sont pas "la vie". Celle-ci, celle de chacun de nous, naît de cette fécondation. Ce n'est pas nous qui avons choisi la fécondation de l'ovule, origine de notre naissance. C’est ce qui me permet de dire que la vie nous est donnée.

Que la capacité de donner la vie procède de l’œuvre de Dieu ou qu’elle soit simplement le résultat de l’accouplement de deux être sans aucune intervention divine ni principe agissant, qu’importe ! À la conception nous sommes une nouvelle vie en devenir. Cette nouvelle vie, c’est l’enfant qui naît. Ne dit-on pas de la mère qu’elle a donné naissance…. ?

Effectivement tu as raison, la vie n'est pas un simple décor. Elle est nos actes, nos pensées et elle contient en elle notre capacité d’être et devenir. Elle prend son sens au fur et à mesure que nous prenons conscience des valeurs de notre culture et les incarnons.

Sur le matérialisme

Tu déclares : « J’attire ton attention encore sur le BEAU, le BIEN, L’AMOUR en tant que sens de la vie.
Je trouve cela personnel (en l’absence de Dieu, c'est-à-dire dans un monde matérialiste destiné à la mort définitive) …

 Si nous considérons le matérialisme sur le plan philosophique, il ne fait qu'écarter l'idée d'un dieu créateur. Il n'enlève rien au devenir de l'épanouissement intérieur de l'individu

Si nous nous basons sur ce que dit Sartre, nous pourrions penser qu’il va dans le sens tel que tu l’entends :

"(…) qu'est-ce que le matérialisme sinon l'état de l'homme qui s'est détourné de Dieu : il pense qu'il est né de la terre et qu'il retournera à la terre, il n'a plus de souci que pour ses intérêts terrestres."

 Mais dans ces intérêts terrestres faut-il comprendre qu'il est uniquement question de biens matériels. Ne pouvons-nous pas avoir, en tant que simples habitants de notre planète, hors d'un lien quelconque avec l'au-delà, une vie intérieure qui transcende nos actes et leur donne une valeur spirituelle aussi forte que celle que pourrait inspirer la croyance en Dieu ou en des renaissances méritoires

Bernanos, les Grands Cimetières sous la lune  

"Il suffit de penser que les réussites, après tout modestes et surtout partielles, de la science expérimentale ont prodigieusement affaibli l'instinct religieux. Encore le matérialisme purement utilitaire du dernier siècle avait-il de quoi rebuter les âmes nobles. Nos modernes réformateurs y intègrent l'idée de sacrifice, de grandeur, d'héroïsme. Ainsi les peuples rompent avec Dieu sans angoisse, et presque à leur insu, dans une ferveur qui ressemble à celle des saints et des martyrs (…)"

Camus, Actuelles I,

"Sur le plan théorique, on peut admettre que le matérialisme dialectique exige les sacrifices les plus considérables en fonction d'une société juste dont la probabilité sera très forte. Que signifient ces sacrifices, si la probabilité est réduite à rien (…) ? C'est la seule question qui se pose"

Je crois qu'aujourd'hui la question est toute posée. Les avancées de la science sur les hypothèses de nos origines sont loin de nous rabaisser, comme pourrait le laisser supposer la définition de Sartre, à un simple matérialisme courant. En rejetant l'idée d'un Dieu créateur tout en gardant à l'homme ses capacités d'épanouissement d'être et de devenir en toute conscience de sa matérialité et de sa spiritualité, elles conservent les valeurs immanentes qui seront à la base même du sens de la vie.

 Même hors la croyance en Dieu une existence va bien au-delà du simple matérialisme employé sous son terme courant. La volonté de puissance, comme je la comprends, et tente de la pratiquer, vise à l'épanouissement total de l'individu aussi bien intérieurement qu'extérieurement. Par l'épanouissement de chacun, elle favorise l'harmonie entre les êtres et leur universalité bien au-delà du simple bien être matériel.

C’est pourquoi je dis que, hors la croyance au divin, le beau, le bien et l’amour sont des valeurs qui donnent en elles-mêmes un sens à la vie.

Par la recherche d'un bien personnel autant matériel que spirituel, les valeurs immanentes ainsi révélées à l'individu, et par lui à d’autres, deviennent profitables à l'ensemble de la société.

Dans notre société contemporaine, Dieu n’est plus la promesse de salut qui freine la concupiscence. N’y a-t-il pas là toute une conception de la vie à revoir. Une remise en question totale de l'éducation en l'orientant, dès l'enfance, non pas seulement vers une formation intellectuelle pure et une morale simpliste, mais surtout vers le respect du sacré de la vie, de soi et de l'autre, et de l’incarnation de nos valeurs, seules sources d’accomplissement personnel et de bonheur. Mais c'est là un vaste programme qui remet entièrement en question notre système de société basé sur la notion de profit.

 
  A propos du sens de la vie - 1  
  20 mai 2007
 

 Réagissant à la lecture du texte sur la prière que j’ai mis en ligne sur ce site dans la rubrique poésie, une de mes correspondantes conclut ses remarques sur mon écrit en laissant entendre que sans Dieu, ni croyance en un au-delà et en une seule existence terrestre la vie ne peut avoir de sens. Cette conclusion m’a beaucoup interpellé. Elle est la négation même de la question de fond de mon écrit dans lequel je dis que nous n’avons rien à espérer d’un Dieu des hommes illusoire et trompeur et que nous ne pouvons rien attendre d’autre que de nous même. Je ne peux laisser cette conclusion sans réponse.

La vie a-t-elle un sens ?


La réponse n’est pas simple. Elle est fonction des conceptions très diverses que l’on peut avoir de l’existence, elle peut varier suivant les croyances et les cultures et dépend des ressources potentielles propres à chaque individu, de ses facultés de développement et de sa capacité d’être. Sans entrer dans une dissertation philosophique approfondie, je me bornerai à donner une réponse en fonction de mon expérience personnelle.

Au XXIe siècle, baser le sens de la vie sur un salut dépendant de la croyance en un au-delà promis par un dieu inventé ou par des renaissances plus ou moins méritoires est devenu très discutable. Cependant, cette croyance répond en partie à la question posée. Le sens de la vie, dans la perspective du salut promis, est en effet déterminé par la notion que nous avons du bien et du mal, du beau du laid, du méritoire et du condamnable. Mais, pour moi, cette réponse s’arrête là.

La physique quantique nous fait comprendre en effet que la théorie de la création et du salut par la rédemption d'une vie terrestre culpabilisante sont, faute de mieux, des moyens inventés pour la domination de l'homme par l'homme.

De nos jours pour trouver un sens à la vie il faut être un tant soit peu iconoclaste. Il faut oublier l’enseignement séculaire qui nous dit que le salut ne peut venir que d'un au-delà.

Tout être humain, quelle que soit sa condition, possède la faculté de faire de sa vie, avec ses hauts et ses bas, une oeuvre digne de foi, d'amour, de mérite et de sens hors la perspective de ce salut illusoire parfois destructeur d’inclinations constructives,

Dans le prologue de "Ainsi parlait Zarathoustra", Nietzsche écrit :

"Je vous conjure, ô mes frères, demeurez fidèle à la terre et ne croyez pas ceux qui vous parlent d'espérance supraterrestre. Sciemment ou non, ce sont des empoisonneurs. Ce sont des contempteurs de la vie, des moribonds, des désintoxiqués dont la terre est lasse : qu'ils périssent donc ! Blasphémer Dieu était jadis le pire des blasphèmes, mais Dieu est mort, et mort avec lui ses blasphémateurs. Désormais le crime le plus affreux, c'est de blasphémer la terre et d'accorder plus de prix aux entrailles de l'insondable qu'au sens de la terre

Nous n'avons pas demandé à naître. La vie nous a été donnée. Peut-elle être considérée comme un cadeau ? Générosité bienfaitrice ou cadeau contraignant ? Elle est les deux en même temps et le sens qu’elle aura dépendra de l’usage que nous en feront.

Tout être normalement constitué possède en potentiel à sa naissance la capacité de choisir, de créer et de devenir. C’est cette capacité qui donne un sens à la vie.

Quand je dis capacité de créer, c'est dans un sens très large. Il comprend tout ce que nos inclinations, nos sentiments et nos neurones nous permettent de générer pour notre félicité dans toutes les étapes de notre vie. Faculté de créer dans le sens de l’être et du devenir dans la perfectibilité du beau et du bien dans l’amour.

Ignorer cette aptitude de créer inhérente à chacun revient à ne pouvoir donner un sens à la vie.

Bien sûr le libre arbitre de chaque individu, les choix qu’il pourra faire et le sens qu’il sera susceptible de donner à l’existence sera fonction de sa naissance, du milieu dans lequel il évoluera et du potentiel physique et intellectuel dont il aura été doté. Mais chacun à notre niveau nous avons la capacité de faire des choix. Je dirais même que c'est là notre lot quotidien : de ces choix, découlera le sens que nous donnerons à notre vie. Même si ces choix sont limités, nous disposons toujours de la possibilité soit de les ignorer passivement et laisser faire, soit d’agir et de les assumer.


Personnellement, à présent et par expérience, bien que cela n'ait pas toujours été mon sentiment, je persiste à penser que nous avons toujours des choix à faire. Aussi réduit que soit la palette qui nous en est offerte, le choix du devenir demeure.

Mon enfance de fils d'émigrés vivant dans la pauvreté au plus bas de l'échelle sociale me permettait déjà de faire un choix
:

- Soit celui de l'insouciance des gamins de mon âge, aussi pauvres que moi, qui ne se posaient pas de problèmes, ne faisaient aucune comparaison, ne souffraient apparemment pas de leurs conditions et se contentaient de jouer pour se défouler,
- soit, dès que j'ai été en âge d'en souffrir, celui de ne pas accepter ma condition, de me révolter, ne serait-ce qu’intérieurement, contre l'injustice des hommes et de la combattre dès qu’il me serait possible de le faire
.


Sans que j'ai eu à me poser réellement la question, ce sont ce refus, cette révolte, ce combat et cette soif de devenir qui, progressivement, ont donné un sens à ma vie. Pour mes petits camarades ce problème de devenir autre ne se posait pas. Ils vivaient au jour le jour insouciants, se satisfaisant de leurs jeux d'enfants et ensuite, plus ou moins passivement, de la maigre situation qui leur était offerte. Ils attachaient peu d'importance aux changements de leurs conditions de vie et leur devenir se limitait au quotidien matériel.


Pour chaque être humain, la faculté qu'il possède de choisir, créer et devenir est perfectible. C'est cette perfectibilité qui donne un sens à la vie. Cette faculté de perfectibilité s’appelle aussi « liberté ». Je reviendrai sur ce sujet.

Cette perfectibilité naît de notre dualité. La notion du bien et du mal, du positif et du négatif, l'antagonisme entre deux extrêmes est le révélateur de notre perfectibilité. C'est la cellule familiale, et partant de là, la société toute entière, qui doit permettre aux individus, progressivement, dès la naissance, de percevoir cette capacité de perfectibilité et d'y tendre pour son bonheur.

À la naissance, je dirais même dès la conception, l'être humain est une terre vierge qui demande à être cultivée. Si les mauvaises herbes l'envahissent, le bon grain n’y poussera pas. Tout au contraire, au mieux elle sera cultivée et entretenue, au mieux elle prendra tout son sens de promesse de bonnes récoltes.
Avec le recul, je pense très sincèrement que le sens de la vie est celui que nous voulons bien lui donner et que nous méritons. Si nous nous posons la question et demeurerons en attente aucune réponse satisfaisante ne pourra nous être donnée car celle-ci ne peut venir que de nous-mêmes. Si nous avons conscience de notre perfectibilité, de notre capacité de choisir, d'être et de devenir nous n'aurons aucune question à nous poser car nous serons nous-mêmes auteurs et seuls responsables des réponses.


La vie évolue au gré des batailles gagnées et des batailles perdues. Sans répit la répétition des deux, l'une étant une réponse à l'autre, trace notre chemin.

La routine enlève tout sens à la vie. J’entends par routine (définition du dictionnaire) « l’habitude d'agir ou de penser toujours de la même manière avec quelque chose de mécanique et d'irréfléchi. »

Comme la nature qui évolue au gré des saisons, la vie ne peut avoir de sens que dans l'être en constante évolution. L'hiver n'est pas une saison morte bien au contraire, elle est le passage obligé vers le renouveau. Même si nos hivers nous semblent parfois difficiles et douloureux, ils sont des chemins qui conduisent vers de nouveaux sommets toujours plus hauts.

Si je m’en réfère à Nietzsche, le sens de la vie n'est pas une question pour moi. La "volonté de puissance" de la philosophie Nietzschéenne nous guide dans la recherche d'une vie qui nous permette d'intégrer toutes nos forces pour la rendre plus riche, plus puissante, féconde en diversité, d'une intensité maximum, et dans ce sens plus harmonieuse. Une telle volonté de puissance n'efface-t- elle pas d'elle-même toute interrogation sur le sens de la vie.

Cette réflexion sur le sens de la vie rejoint une autre réflexion qui m'est venue récemment sur ce que pouvait être l'espérance. Dans certains de mes écrits, en parlant de foi en la vie, j'ai souvent cité le mot espérance. Pour celui qui se pose question et qui doute du sens de la vie, l'espérance d'une réponse ou d'un accomplissement personnel qui vient d'ailleurs est un leurre. Si je m’en réfère à la définition du dictionnaire, dans l'espérance il y a l'attente «sentiment qui fait entrevoir comme probable la réalisation de ce que l'on désire». L'attente c'est l'immobilisme, c'est l'espoir d'un bienfait que l'on croit possible mais qui peut n’être qu’illusoire. C'est l'espoir sans garantie de meilleurs lendemains.

L'espérance est un leurre et ennemie du Soi. C'est une lumière maligne qui annihile la capacité d'être Soi. Plutôt qu'espérance, je dirais confiance, détermination et persévérance. C’est à leur mesure que nous donnerons un sens à notre vie et ferons s'épanouir l'être en constant devenir qui est en chacun de nous

Une citation de Chamfort :

« L'espérance n'est qu'un charlatan qui nous trompe sans cesse; et, pour moi, le bonheur n'a commencé que lorsque je l'ai eu perdue »

Bien que ne se rapportant qu’indirectement à la question du sens de la vie traité ici, je cite un passage d'un texte de Nietzsche qui, à mon sens, est très parlant des bienfaits de l'adversité dans la recherche de l'accomplissement du Soi. Il démontre que l'affrontement des contraires est source de "volonté de puissance" donc d’épanouissement et élude pour moi l'interrogation sur le sens de la vie :

"L’inimitié est un autre triomphe de notre spiritualisation. Elle consiste à comprendre profondément l'intérêt qu'il y a à avoir des ennemis : nous autres, immoralistes et antichrétiens, nous voyons notre intérêt à ce que l'église subsiste... Il est en de même dans la grande politique. Une nouvelle création, par exemple un nouvel empire, a plus besoin d'ennemis que d'amis. Ce n'est que par le contraste qu'elle commence à se sentir, à devenir nécessaire. Nous ne nous comportons pas autrement à l'égard de l'ennemi intérieur. Là aussi nous avons spiritualisé l'inimitié, là aussi nous avons compris sa valeur"


Mon propos en citant ce texte n’est pas de prôner l’inimitié, ce serait un autre sujet de discussion. Je remarque simplement, et cela confirme mon sentiment, que l’affrontement des contraires ne peut qu’être source d’accomplissement.

Pour éviter toute interprétation erronée, au sujet de la volonté de puissance telle que la comprend Nietzsche je cite le passage d'un ouvrage de Luc FERRY :


"Il faut écarter ici un malentendu aussi énorme que fréquent : la volonté de puissance n'a rien à voir avec le goût du pouvoir, avec le désir d'occuper je sais quelle place « importante ». Il s'agit de tout autre chose, C'est la volonté qui veut l'intensité, qui veut éviter à tout prix les déchirements internes... qui, par définition même, nous diminuent puisque les forces s'annulent les unes les autres de sorte que la vie, en nous, s'étiole et s'amoindrit. C'est donc, non pas du tout la volonté de conquérir, d'avoir de l'argent et du pouvoir, mais le désir profond d'une intensité maximum de vie, d'une vie qui ne soit plus appauvrie, affaiblit parce que déchirée, mais qui soit au contraire la plus intense et la plus vivante possible."

Quelques notes sur le sens de la vie, les valeurs fondamentales et l’épanouissement du Soi.


Note 1
Nous avons à notre disposition deux facultés qui nous permettent de nous réaliser, où que nous soyons, quoi que l'on nous fasse ou que nous fassions : la liberté d'être soi et le pouvoir de perfectibilité.

Dire que le seul sens à la vie est le salut par la croyance en un dieu, en un au-delà vers lesquels toute notre énergie devrait être orientée est aujourd’hui une pure vue de l'esprit. Les valeurs immanentes existantes en chaque individu ne doivent pas être développées et artificiellement orientées en fonction d'un devenir obligé et tracé à l'avance identique pour chacun. Une telle conception est oppressive et nie la liberté. Seule la libre transcendance de ces valeurs et leur perfectibilité peut permettre l'épanouissement de chaque individu en respectant sa personnalité.

Il me semble qu'une phrase d'André Comte-Sponville démontre bien que chacun porte en lui ces valeurs immanentes.

"Avez-vous besoin de croire en Dieu pour penser que la sincérité vaut mieux que le men-songe, que la générosité vaut mieux que l'égoïsme, que le courage vaut mieux que la lâ-cheté, que la douceur et la compassion valent mieux que la violence et la cruauté, que l'amour vaut mieux que la haine ?"

Est-il nécessaire de rechercher un sens à la vie ? N'est-ce pas simplement notre capacité de transcender ces valeurs immanentes fondamentales de l'existence humaine qui est le sens même de la vie : la vérité, la beauté, la justice et l'amour. Valeurs qui nous donnent le pouvoir d’aimer la vie, d’être, de créer, de devenir et de partager.

Note 2
C'est l’ignorance, l'inconscience, la peur et la méconnaissance du Soi qui nous font nous poser la question de savoir si la vie à un sens. Tout être normalement constitué, conscient d'exister et conscient des valeurs immanentes en potentielles dont il dispose n'a pas à se poser la question du sens que peut avoir son existence. La faculté qu'il a de transcender ces valeurs qui sont en lui, lui permet d'exister, d’être pleinement et élude toute question du sens de la vie. Même dans les conditions les plus défavorables, c’est la conscience qu’il aura de ces valeurs qui lui permettra d’user de sa liberté de choisir, de taire ses peurs et de faire de sa vie une oeuvre source d'épanouissement.


Note 3
Pour aller à la recherche du Soi il faut se mettre à la place de l'autre. Il faut se voir de l'extérieur. La perfectibilité progressive d'exister ne peut s'obtenir que vue de l'extérieur
.

Luc FERRY déclare :

« Par opposition à l'esprit "borné" la pensée élargie pourrait se définir, dans un premier temps, comme celle qui parvient à s'arracher à soi pour se "mette à la place d'autrui", non seulement pour mieux le comprendre mais aussi pour tenter, en un mouvement de retour à soi, de regarder ses propres jugements du point de vue qui pourrait être celui des autres ».

Par pensée élargie, Luc Ferry entend, en partant du Soi, une pensée ouverte sur le monde extérieur. Une pensée qui s'arrache du cercle limité de l’égocentrisme
 
 
 
 
  Poésie
 
 
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